Le Palais des Mille Vents (I) – L’héritage des steppes de Kate McAlistair

Kate McAlistair, c’est, pour moi, l’une de mes premières et de mes plus belles découvertes en tant que blogueuse littéraire. La Vallée du Lotus rose fut mon premier Service Presse pour les éditions de l’Archipel et ce fut un coup de cœur, renouvelé deux fois avec les deux tomes suivants (La Cité du Lotus rose et L’Héritière du Lotus rose). Aussi étais-je très impatiente de découvrir sa nouvelle saga, Le Palais des Mille vents. Et je n’ai pas été déçue…

Voici la quatrième de couverture :

Lahore, 1838. Adolescent, Morgan vit sous le joug de son père, un mercenaire aussi cruel qu’ivrogne. Il tombe amoureux de Chali, une jeune princesse mongole, mais celle-ci doit épouser le petit-fils de l’empereur du Pendjab. Morgan s’efforce de l’oublier en prenant sous son aile Maura, une fillette venue rejoindre son père, le colonel Fleming, redoutable chef de la police de l’empereur.
Un jour, c’est le drame : alors que Morgan tente de s’opposer à son père ivre, ce dernier tombe du balcon et se tue. Fleming l’accuse de meurtre. Le jeune garçon parvient à lui échapper et s’enfuit dans l’Himalaya.
Dix ans ont passé. Maura est mariée à un botaniste britannique qui œuvre dans le renseignement. Au cours d’une réception au Palais des mille vents, en Russie, elle reconnaît Morgan. À nouveau sous son charme, elle manœuvre pour qu’il devienne le guide de l’expédition de son mari. Attiré par Maura, Morgan refuse tout d’abord. Mais lorsqu’il comprend que cette expédition est en réalité une mission de sauvetage de la princesse Chali, à présent veuve et pourchassée par des tueurs, il n’a plus qu’un désir : venir en aide à celle qu’il n’a jamais pu oublier…

Le voyage est bien différent cette fois. Nous avons quitté l’Inde, ses senteurs exotiques, ses couleurs chatoyantes pour les steppes arides ou glaciales qui séparent la Russie de l’Asie. Mais le talent de Kate McAlistair nous projette aussi bien dans ces terres inhospitalières. J’ai senti le froid, j’ai entendu le vent, les hurlements des loups, les blatèrements des chameaux et les hennissements des chevaux. J’ai pataugé avec les personnages dans la boue créée par la fonte des neiges, j’ai gravi avec eux, la peur au ventre, les chaines montagneuses escarpées et j’ai découvert avec émerveillement les villages de pêcheurs, les marchés et les palais enchanteurs, décorés de tapis, de samovars et de tentures. C’est là le premier point fort de cette talentueuse autrice : la magie de ses descriptions.

Mais la narration n’est pas en reste, loin de là. L’histoire est d’une étonnante fluidité malgré la complexité de l’intrigue et du contexte. La zone géographique est au cœur d’une rivalité qui oppose la Russie, l’Angleterre et les clans d’Asie centrale. Tout se passe dans un climat de tensions, de manipulations politiques, de trahisons et de jeux de pouvoir. Et pourtant, au milieu de cet imbroglio politique, on est submergé par la pureté des sentiments des personnages.

Morgan, d’abord, un métis britannique et indien, qui rêve de grands espaces et de longues chevauchées, est un jeune homme pur. Il ne supporte pas l’injustice, les traitements que son père inflige à sa mère, et l’espionnage. Lui, il veut continuer à rêver. Son premier rêve se construit autour d’une jeune fille qui apparaît de façon extraordinaire lors d’une chasse au faucon. Ils ne se comprennent pas, ne savent pas qui ils sont, mais ils se rapprochent, ils sont l’un pour l’autre la bouffée d’oxygène. Séparés par des destins qui ne peuvent s’accorder, ils ne s’oublieront jamais.

Et puis il y a Maura. Une petite fille détruite par son arrivée à la Lahore, par la maladie de sa mère, par l’inhumanité de son père. Elle ne survivra que grâce aux rêves que Morgan lui apporte sur un plateau : la beauté des jardins de Shalimar, son admiration pour les chameaux. Mais là aussi, le destin s’acharne puisque celui qu’elle aime va rapidement avoir pour pire ennemi son propre père.

Kate McAlistair nous fait passer, avec brio, de scènes contemplatives dignes d’un rêve à d’autres beaucoup plus dramatiques et d’une violence extrême. Je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de voir dans la cruauté de Fleming un peu de la folie destruction du baron von Rosenheim.

Et puis un saut dans le temps, les cartes semblent définitivement redistribuées. Les personnages se renouvellent et si le Baron Bachkal rachète largement les petitesses et l’inhumanité de Preston Donovan, la vie et le passé rattrapent rapidement Morgan, devenu Aleksandr. Dans cette course contre la montre, dans cette fuite en avant, les amourettes de l’enfance prennent une nouvelle dimension et le voyage de fuite devient un voyage de retrouvailles, haut en couleurs.

J’ai adoré, encore une fois, me plonger dans cette merveilleuse aventure, dont je lirai la suite avec un immense plaisir et, je l’avoue, une certaine impatience…

Priscilla

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