L’Héritière du Lotus Rose de Kate McAlistair

C’est avec une profonde tristesse que je quitte, à la fin de ma lecture de L’Héritière du Lotus rose, la saga de Kate McAlistair… Pour tellement de raisons.

D’abord, cette saga est un peu celle de mes premières armes sur le blog. En effet, La Vallée du Lotus Rose (dont vous pouvez retrouver ma chronique ici) est le premier service presse que j’ai commenté. J’étais tombée sous le charme de la plume de l’autrice, autant que sous celui des tempéraments de Jezebel et Jan. J’ai retrouvé cette magie lors de la lecture du deuxième opus, La Cité du Lotus Rose (la chronique, c’est par ici), tome dans lequel, enfin, nos deux héros retrouvaient la paix et le bonheur. Aussi ne savais-je pas à quoi m’attendre avec ce dernier roman.

Voici la quatrième de couverture :

EN INDE, LAISSE PARLER TON CŒUR

Août 1939. Les échos de la guerre qui couve en Europe parviennent en Argentine jusqu’à la somptueuse estancia La Balandra, au bord du Rio de la Plata, où Jezebel et Jan ont élevé dans la quiétude leur fille Lián et son frère Zachary.

Un jeune officier britannique en mission de renseignement, Milo McCorball, s’y invite le temps de mener une enquête sur de puissants propriétaires terriens, les Ramiro, soupçonnés d’être des sympathisants nazis. D’emblée, Milo tombe amoureux de Lián. Mais Carlos, le fils Ramiro, est décidé à épouser la jeune beauté, de gré ou de force.

Désirant mettre sa fille à l’abri, Jezebel la confie à Milo afin qu’il la conduise à Calcutta auprès de sa marraine, la duchesse Olga Obolenski, devenue par son mariage la maharani du Mahavir.

Lián part contrainte et forcée vers un pays qui la rebute, car elle le devine lié au mystère qui entoure sa propre naissance. La passion de Milo suffira- t-elle à lui faire aimer cette Inde mystérieuse et à la réconcilier avec ses racines ? Et la guerre, qui gronde aux frontières, leur permettra-t-elle de vivre leur amour ?

Quel bonheur de replonger dans cet univers savoureux. Kate McAlistair a un talent indéniable pour écrire des histoires passionnantes au rythme subtilement dosé, celui qui nous ballote au gré des déambulations dans la pampa argentine ou dans la jungle indienne, puis nous jette à corps perdu et âme éperdue dans des péripéties qui glacent le sang pour enfin nous reposer dans une sensualité finement décrite. Encore une fois, pas une once d’ennuis en parcourant ces cinq cents pages. Le thème est pourtant différent : si l’Inde garde cette importance centrale, avec ses mythes, ses dangers, ses couleurs, la guerre vient tout teinter d’une nuance sombre qui confère encore plus d’intensité, tant aux scènes de violence, qu’aux scènes d’amour. Vous serez transportés sur des criollos et à dos d’éléphants, dans des Rolls et sur des vélos de fortune, à travers la mousson, les typhons, les tentes d’infirmerie où des soldats hurlent de douleur, le palais du Maharaja, une jungle dangereuse et opaque, des cités lumineuses et accueillantes.

Ce voyage perpétuel, c’est ce que j’ai préféré. Kate McAlistair excelle dans l’art de faire sentir les choses : le souffle des chevaux, la menace des moustiques, la pestilence des cadavres, le merveilleux des lotus ou des cascades, le luxe des palais. J’ai entendu les tangos argentins, j’ai senti l’odeur du thé, j’ai humé les remugles des quartiers pauvres de Calcutta, j’ai vu la soif de tuer des tigres (et des hommes), j’ai tremblé devant les tortures infligées aux ennemis, j’ai été émue aux larmes par le courage de Sœur Justine, j’ai été happée, notamment par la description du typhon au bord de la mer, c’est aussi effrayant que merveilleux, j’en ai eu le souffle coupé. Ce livre est un de ceux qui ne se contentent pas d’être lus, il se vit, il se sent, c’est vraiment magique.

Quant à l’histoire… Quelle force ! L’autrice a l’intelligence de ne pas rompre avec Jezebel et Jan, même si le lecteur sait tout ce qu’il faut savoir sur eux, tout en focalisant sur Liàn, dont elle avait fait, dès le premier tome, le fruit des aventures incroyables de sa mère. Petite métisse née hors mariage, fruit d’une unique union avec un prince assassiné par un homme monstrueux, élevée seule par sa mère puis adoptée par son amour de jeunesse, l’amour de sa vie, Liàn possède en elle-même tous les éléments nécessaires à une intrigue riche et dont elle-même est le cœur. Alors qu’elle croit avoir tout pour être heureuse, la jeune fille va vite s’apercevoir qu’il lui manque la vérité sur son essence même, sur son âme. Il lui faudra croiser le chemin d’un homme aussi vil que le Baron von Rosenheim qui voulait anéantir sa mère et dont elle ne sait pas grand-chose, rencontrer sur cette route un homme aussi bon que l’était Jan. Mais les similitudes s’arrêtent ici, tout n’est que symbole. Quand sa mère comprend quel chemin sa fille va être obligée de parcourir, elle accepte de s’effacer pour que sa petite Mary-Leela aille à la rencontre de son destin, en Inde, évidemment.

Ces trois tomes sont un régal pour tous les sens, je vous invite chaleureusement à faire ce voyage avec Kate McAlistair. Son style est beau, poétique, chatoyant. Son récit est riche d’aventures, d’amour, de connaissances fines sur l’Histoire de l’Inde, sur la vie en Argentine. Ses personnages sont attachants, passionnés et inoubliables. Merci, Kate, pour ces quelques mille cinq cents pages de pur plaisir. Je continuerai à surveiller attentivement votre actualité, je suis sûre que vous avez encore de bien belles histoires à nous raconter et de beaux voyages à initier, dans lesquels j’ai bien l’intention de vous suivre.

Priscilla

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