Le Château des animaux (Tome 1) de Félix Delep et Xavier Dorison

Une fois n’est pas coutume, je vous présente aujourd’hui une bande dessinée, le tome 1 du Château des animaux de Felix Delep et Xavier Dorison aux éditions Casterman. Je vais tenter de trouver les mots justes pour vous dire ce que j’en ai pensé car je ne suis pas une grande connaisseuse de cet univers.

Voici tout d’abord la quatrième de couverture :

Rire, c’est déjà ne plus subir.

Quelque part dans la France de l’entre-deux guerres, niché au cœur d’une ferme oubliée des hommes, le Château des animaux est dirigé d’un sabot de fer par le président Silvio… Secondé par une milice de chiens, le taureau dictateur exploite les autres animaux, tous contraints à des travaux de peine épuisants pour le bien de la communauté…
Miss Bengalore, chatte craintive qui ne cherche qu’à protéger ses deux petits, et César, un lapin gigolo, vont s’allier au sage et mystérieux Azélar, un rat à lunettes pour prôner la résistance à l’injustice, la lutte contre les crocs et les griffes par la désobéissance et le rire… Premier tome d’une série prévue en quatre volumes,
Le Château des animaux revisite La Ferme des animaux de George Orwell (1945) et nous invite à une multitude de réflexions parfois très actuelles…

Le parallèle avec Orwell est assumé, et pour cause : Silvio est le digne héritier de Napoléon (d’ailleurs j’ai particulièrement aimé le cochon qui fait comprendre au président qu’il serait un meilleur second que le chien…) ; les molosses pourraient parfaitement être les descendants de ceux qui sont élevés et endoctrinés dans La Ferme des Animaux, l’exploitation des autres animaux est toujours aussi généralisée et toujours pour que les « grands » puissent consommer, entre autres, de l’alcool.

Néanmoins, l’écart se fait sentir par de légères touches : le héros est un chat (alors que le chat d’Orwell était un personnage insignifiant dans l’intrigue et à l’éthique assez trouble), les cochons sont insignifiants, tout comme les chevaux (alors que Malabar est un personnage essentiel chez Orwell), au profit des lapins, des poules, etc… Dès que l’on sent ces variations, on attend la différence fondamentale : c’est le rat Azélar qui l’apportera. « Rendez l’injustice visible. Faites cesser la peur. » En effet, le viseur se déplace : alors qu’Orwell dénonçait les dictateurs du XXe siècle et en particulier Staline, les auteurs ici s’intéressent à un certain fakir qui a triomphé par la paix.

Ce premier tome n’est qu’une mise en place mais elle est parfaitement réussie, puisqu’il me tarde de lire le second opus. Au-delà de l’histoire, il y a les illustrations : j’ai particulièrement aimé le trait dans les expressions des visages des animaux. Beaucoup de violence dans ce premier volet puisque les animaux sont à bout et ne savent pas encore comment s’en sortir. Les scènes de révoltes sont particulièrement sanguinaires et m’ont prise aux tripes, vraiment !

Les deux personnages principaux sont très attachants : Miss B la maman chatte, veuve et qui a à cœur de faire survivre ses deux chatons ; César, le chaud lapin qui semble complètement amoral et qui, pourtant, va faire preuve de solidarité de courage. Mais il y a aussi Marguerite la courageuse et révoltée petite oie, sacrifiée à la cause ; Silvio bien sûr l’immense et ignoble taureau ; les chiens enragés, le rat malin, intelligent et courageux ; et puis il y a tous les autres : seront-ils amis ? traîtres ? faibles ? La révolte est en marche, la victoire, tout comme la menace rôdent.

Bref, j’ai beaucoup aimé ! Et vous, vous connaissez ?

Priscilla

7 commentaires

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s