Les Classiques de Priscilla – Au temps de l’innocence d’Edith Wharton

Quel bonheur d’avoir découvert, grâce à Jessica (@lemaitremot) sur Instagram, la plume d’Edith Wharton et le destin de Newland Archer ! J’ai vraiment beaucoup aimé ce classique qui fait évoluer sous nos yeux la société corsetée et guindée du New York de la fin du XIXe siècle.

Voici la quatrième de couverture :

Héritier élégant et cultivé, Newland Archer est l’un des meilleurs partis de New York. Chacun attend de connaître la date de son union avec la prude et ravissante May Welland, issue du même monde. La seule difficulté, pour lui, consiste à annoncer ses fiançailles dans le respect des convenances et du  » bon ton « . Tout est déjà réglé quand, un soir à l’opéra, le jeune homme reconnaît dans la loge des Welland la comtesse Ellen Olenska, de retour dans sa famille après l’échec de son mariage en Europe. Dans la haute société new- yorkaise, hantée par la peur du scandale, les mœurs et les idées d’Ellen suscitent une muette réprobation. Mais elles exercent sur Newland un attrait irrésistible…Couronné par le prix Pulitzer, Au temps de l’innocence (1920) fait revivre avec une grande variété de touches un univers disparu : celui du  » vieux New York « , avec son chic et ses préjugés. Edith Wharton y met à nu les sentiments. Son art, tout de tendre ironie, y est à son sommet.

Ecrit en 1920, ce roman est d’une grande force tant narrative que satirique. La galerie de personnages est foisonnante et semble a priori déconcertante, autant que peuvent l’être les pauses narratives proustiennes. Pourtant, cette partie est essentielle car elle pose les bases de la peinture de toute une société, déjà en mutation. On y retrouve les aristocrates installés dans la haute société, mais aussi les parvenus, qui enrichissent cet univers de spéculations, de rumeurs, de scandales et même de politique.

Au sein de ce monde, Newland Archer, avocat riche et intelligent, il n’est pas qu’un homme de carrière, il appartient de plain-pied à cette aristocratie datée de New York. Réaliste, il pose sur ses semblables un regard d’abord très tendre et de plus en plus acerbe, au contact d’Ellen Olenska. Sur le point de conclure son mariage avec la parfaite May Welland, belle, gracieuse, au fait de tous les codes de la haute société, il se doute qu’il ne se promet pas des années de passion, mais il croit sincèrement à un mariage heureux. Jusqu’à ce qu’il rencontre la comtesse Olenska, femme de scandale, critiquée, rejetée et sauvée par son entremise et celle de sa famille. Se faisant son chevalier servant, il évolue peu à peu, s’apercevant que derrière la bien-pensance de ses semblables, il y a de l’égoïsme, du jugement, de l’hypocrisie. Il lui faudra faire des choix : la passion ou la raison ? le milieu ou l’amour ? le scandale ou l’assentiment ?

Ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est que pour une fois, c’est l’homme qui est aux prises avec toutes ces questions. En choisissant un héros masculin, Edith Wharton réussit un tour de force : on devine ses sentiments avant lui, on découvre ses doutes et on assiste à toutes ses prises de position, souvent inattendues, et ce, jusqu’à la fin du roman. En outre, il n’y a aucun manichéisme dans ce texte. Si May peut paraître fade, elle gagne peu à peu en consistance et la fin du roman révèle d’elle une finesse et une intelligence que l’on ne soupçonnait pas forcément.

Autour de ce triangle amoureux gravitent des personnages qui apportent vraiment quelque chose à l’intrigue : Beaufort, l’exemple même du parvenu scandaleux qui se soucie peu des codes de la haute société, les Welland aveuglés par les règles de leur petit monde, les van der Luyden garants des bonnes mœurs mais bien plus ouverts que la plupart des autres familles, la grand-mère Mingott, obèse mais tellement drôle et perspicace, et enfin Ellen Olenska. Sa description est très intelligente. Porteuse de l’opprobre sur sa famille, Ellen est pourtant la plus innocente des protagonistes : elle ne demande pas grand-chose si ce n’est être libre, seule, dans son monde à elle, sans chercher d’histoires et refuse même les avances de Newland. Ce n’est que parce qu’elle a vécu qu’elle fait évoluer le personnage et non par machination ou vice.

Bref, vous l’aurez compris, l’univers m’a charmée, les personnages m’ont séduite et j’ai adoré le style. Le mois d’août me fera découvrir Chez les Heureux du monde et j’ai déjà hâte !

Et vous ? Vous connaissez ?

Priscilla

7 commentaires

  1. J’avais aussi beaucoup aimé le portrait de cette société hypocryte et moralisatrice mais j’avais préféré des nouvelles fantastiques dans Kerfol. Après il faudrait que je poursuive ma découverte vu que j’ai pas mal de titres d’elle dans ma PAL ^^

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