Le Berceau de Fanny Chesnel

Quel bonheur pour moi en ce moment de ne lire que de beaux textes, de touchantes histoires qui mettent du baume à nos cœurs malmenés. Le Berceau de Fanny Chesnel, maintenant édité par les éditions J’ai Lu, est de ceux-là.

Voici la quatrième de couverture :

Joseph fabrique le berceau de sa première petite-fille lorsqu’un coup de téléphone l’interrompt. Un crash d’avion : son fils dedans, son gendre aussi. Et la petite, alors ? Sauve, bien vivante ! Prête à naître, car grandissant dans le ventre d’une mère porteuse canadienne choisie par le couple homosexuel. Joseph n’a jamais fichu les pieds hors de sa Normandie natale, il a passé sa vie dans une ferme, vendu ses vaches, enterré sa femme. Il n’a plus que cette enfant en tête. Alors il part. À la rencontre de la minuscule promesse qui prolonge l’existence de son fils. À la rencontre de la jeune étrangère, farouche et indomptable, qui la couve. Rien n’est simple dans cette histoire, mais il se lance à plein régime dans une réinvention audacieuse et poignante de la famille contemporaine.

Ce roman est un concentré d’émotions. On s’attache à une vitesse vertigineuse à ce vieil homme veuf, un peu bourru, un peu chauvin mais tellement sincère. Sa simplicité n’a d’égal que sa bonté d’âme. On le rencontre en train de fabriquer le berceau de la future fille de son fils homosexuel quand le drame frappe. Alors tout s’effondre. Rien ne console de la perte d’un enfant…sauf peut-être son petit-enfant.

Quand tout le monde se réfugie dans le désespoir, la colère, la recherche d’explications, Joseph, lui, se raccroche à cette petite part de son fils, encore enfouie dans le ventre d’une mère porteuse au Canada. Il se déconnecte du reste du monde, de la réalité même pour se réfugier dans l’amour et l’espoir.

Les scènes d’initiation à l’anglais sont désopilantes, les ascenseurs émotionnels du futur grand-père sont vertigineux. Du moins, le croit-on jusqu’à ce qu’il rencontre Abigail, la « surrogate ».

Du croisement de ces deux forts tempéraments va naître la méfiance, le rejet, la compassion, puis l’amitié. Que peut-on espérer pour ce bébé ? Que peut-on espérer de ce bébé ? Joseph, sexagénaire, est bien incapable de s’occuper d’un nourrisson et Abigail, elle, s’y refuse. Pourtant, la magie opère, celle de la sincérité et de la foi en l’être humain, en l’avenir, en l’autre.

De vols de vélo en crises de colère, d’escapades en voiture en beuveries acadiennes, les liens se tissent. On ne peut les nommer, les définir, les expliquer, mais ils sont forts. Pour quelle famille ? Pour quel avenir ? Personne ne le sait, mais j’ai refermé le roman sereine et apaisée pour tout ce petit monde.

Fanny Chesnel réussit à faire de cette histoire lourde et douloureuse, un roman positif et jovial, dans lequel les émotions jouent des castagnettes, on rit avec les larmes aux yeux, on pleure avec un sourire aux lèvres. C’est un concentré d’amour et de sincérité, un cocktail savamment secoué par la plume drôle et tendre de son autrice. Un régal pour les yeux et pour le cœur que je ne peux que vous conseiller !

Priscilla

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