Sale Gosse de Mathieu Palain

Voilà un roman dont j’attendais impatiemment la sortie en poche ! Je crois me souvenir qu’il avait fait l’unanimité lors de sa sortie aux Editions de l’Iconoclaste l’année dernière. J’ai beau avoir lu de nombreux livres sur le thème des enfants abandonnés, livrés à eux-mêmes ou en reconstruction, j’ai trouvé celui de Mathieu Palain particulièrement réussi.

Voici la quatrième de couverture :

Wilfried naît du mauvais côté de la vie. Retiré à sa mère à huit mois, il est recueilli par les services de la Protection judiciaire de la jeunesse et placé dans une famille d’accueil. À quinze ans, son monde, c’est le foot. Il grandit balle au pied dans un centre de formation. Mais une colère gronde en lui. Wilfried ne sait pas d’où il vient, ni qui il est. Un jour, sa rage explose et il frappe un joueur. Exclusion définitive. Retour à la case départ. Il retrouve les tours de sa cité, et sombre dans la délinquance. C’est là qu’il rencontre Nina, une jeune éducatrice de la PJJ. Pour elle, chaque jour est une course contre la montre : il faut sortir ces ados de l’engrenage. Avec Wilfried, un lien particulier se noue, et l’espoir renaît.

Dans ce roman, l’auteur fait le choix de la multiplicité des points de vue. On échappe ainsi à la présentation caricaturale des choses. Dans le destin de Wilfried, il y a des coupables, mais il y a surtout des victimes. La mère biologique est aussi perdue que son fils et ne disparaît que parce qu’elle a du mal à supporter de voir cet enfant pour qui elle ne joue plus le rôle de mère, n’empêche qu’elle l’abandonne. Les parents d’accueil sont maladroits, mais aimants et si c’est leur envie d’adopter le garçon qui déclenche la catastrophe, elle n’est pas condamnable en elle-même. Les gens de la PJJ sont des hommes et des femmes, humains, avec leurs défauts et leurs qualités, avec le peu de moyens dont ils disposent, leur engagement plus ou moins profond… Et puis pour contrôler l’humain, il y a les règles, les codes et les lois, avec toute leur inhumanité.

L’auteur ne se perd pas non plus en dérives psychologisantes : si tout le monde tente de comprendre les élans de colère de Wilfried, Nina, elle, abandonne vite. Ce qu’elle veut c’est qu’il parvienne à se contrôler pour ne pas détruire sa vie. Au lieu de travailler sur le passé du jeune homme, elle veut le reconnecter à son avenir.

Dans cette histoire où l’échec est roi, où tous les espoirs sont balayés par une seule action (une bagarre, une crise de la mère, un besoin d’argent), ce qui m’a marqué, ce sont les petites victoires de tous. Si rien n’est édulcoré, ni dans la peinture des conditions de vie de ces jeunes, ni dans leurs actes de rébellion, on se surprend à s’attacher à eux, à sourire de leurs petites bêtises, de leur complicité et de leur concurrence.

C’est un roman vrai ! A la fin, rien n’est gagné mais l’espoir a repris sa place. Wilfried est sauvé non par une personne, non par une passion. Il est sauvé (du moins l’espère-t-on) par sa volonté propre, née de plusieurs rencontres, de plusieurs actions. J’ai beaucoup aimé ! Et il est sorti hier 😉

Priscilla

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