Grandir un peu de Julien Rampin

En ouvrant Grandir un peu, je pense que j’attendais les cigales, l’accent toulousain, le soleil et les chocolatines (et elles y sont !). Je n’ai pas été déçue : Julien Rampin est un bookstagrammeur que je suis depuis longtemps mais que je n’ai pas le plaisir de connaître personnellement, pourtant, comme je me l’imagine, il y a en lui la folie de Raymonde, la gentillesse de Jeanne, le côté solaire de Lucas. Et pourtant, en à peine quelques pages, j’ai complètement oublié celui qui est plus connu sous le pseudo Labibliothèquedejuju pour ne vibrer plus que pour Raymonde, Jeanne et Lucas.

Je vous laisse découvrir la quatrième de couverture de ce beau roman :

Une vieille bâtisse en pierre aux volets bleus, perchée sur une colline, loin de tout. C’est là que Jeanne trouve refuge quand elle décide, sur un coup de tête, de partir avec sa collection de vinyles sous le bras pour fuir un mari indifférent et une existence qui ne lui ressemble pas. Cette maison est le royaume de Raymonde, une grand-mère fantasque et rebelle à la recherche d’une dame de compagnie, et de Lucas, son petit-fils. Tandis que les chaudes journées d’été défilent, tous trois s’apprivoisent et vivent une parenthèse enchantée, hors du temps. Mais le temps hélas ne s’arrête jamais vraiment, et la vie va bientôt les rattraper pour les obliger à grandir un peu… Un roman lumineux et profond qui nous parle d’amour, de perte et surtout, d’espoir. 

Dans cette mélodie digne des plus célèbres chansons de variété française qu’adorent Lucas et Jeanne, il y a le bonheur, l’amour et les blessures. Un couple fusionnel d’une grand-mère et de son petit-fils, un couple en rupture, celui de Jeanne et de Bernard. Trois destins, une maison, deux femmes pour sauver un jeune homme. Tellement d’histoires se construisent dans ces quelques mois de la vie des personnages. Les détresses des uns sont amoindries par la joie de vivre des autres, la gentillesse des uns va sauver les secrets de famille des autres.

Bien sûr, dans le titre, il y a cette idée que les drames font grandir, mais ce n’est pas là ce que j’ai senti d’essentiel. Ce qui m’a subjuguée dans cette musique pleine de vie qu’insuffle Julien Rampin à son histoire et à ses personnages, c’est l’évolution du silence : d’abord gêné, le silence se fait très vite complice pour devenir riche de sens. Entre ces trois personnages égratignés par la vie à des degrés divers, tout va être une question de confiance, immédiate, entière et justifiée. Parce que grandir un peu, c’est aussi ne plus juger les autres, accepter de tout leur donner quitte à se mettre en danger pour vivre les choses intensément.

Il n’y a rien de trop dans cette belle histoire : les secrets ne sont pas trop ténébreux, les sentiments ne sont pas exacerbés, l’amour n’est pas surjoué : tout est sincère et ça fait un bien fou.

Raymonde est extraordinaire. Même fictive, même simple être de papier, elle souffle un vent de folie sur nous tous. Lucas est très attachant aussi, touchant dans sa pudeur, dans ses douleurs. Jeanne est la plus surprenante : on la sent immédiatement sur le point de changer, et elle le fera seule, finalement : tout avait été décidé avant même cette rencontre. C’est pourtant au contact de cet amour – filial, mais pas seulement, bien plus général que cela, un amour pour l’autre, quel qu’il soit – qu’elle prendra confiance en elle, en l’avenir et en l’amour. Il n’y a de héros que le trio que forment les trois personnages : c’est ensemble qu’ils deviennent ce qu’ils sont et c’est grâce à l’auteur que la magie opère.

Alors bravo Julien Rampin, tu permets que je t’appelle Juju ? 😉 Bravo pour ces mots doux et justes, ces mots qui font comme un baume sur nos cœurs (forcément un peu meurtris) d’êtres humains. Bravo pour cette musique des phrases, pour cette mélodie des cœurs, pour cette chanson réconfortante. J’ai adoré cette histoire, cette maison et je ressens un réel regain d’affection pour ces petits objets que je trouvais jusqu’ici inutiles, les boules à neige…

Priscilla

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