Nos rendez-vous d’Eliette Abécassis

Depuis longtemps dans ma PAL, ce court roman est une parenthèse. Comme l’indique son titre, il prend rendez-vous avec vous et ne vous lâche que quand il a fini de vous livrer son message.

La quatrième de couverture est une citation : « Dans la vie, on peut aimer plusieurs fois, mais on n’a qu’un seul amour ».

C’est l’histoire d’Amélie et Vincent. Ou plutôt ce sont les histoires d’Amélie et de Vincent. C’est la fin d’une époque, la fin d’une jeunesse. Dans les couloirs de la Sorbonne, lui, étudiant en économie, croise son regard à elle, étudiante en lettres. Tout semble les séparer et, plus que tout, leur manque de confiance en eux. Comment sait-on que l’on plaît à quelqu’un ? Au hasard de déambulations avec leurs groupes d’amis, ils se parlent, se connectent et ne se lâchent plus, sans toutefois se toucher. Est-ce une erreur ? Peut-être… En tout cas, cela scellera leur destin.

Amélie et Vincent semblent être deux âmes sœurs qui ne s’attachent jamais mais qui ne s’abandonnent jamais non plus. Au gré des errances de la vie, ils se loupent, se retrouvent trop tard, se parlent trop ou trop peu, s’oublient trop vite, se rendent compte trop tard qu’ils ne s’oublient pas. Je ne peux pas en dire plus, la magie du roman réside dans ces va-et-vient, dans ces réapparitions du visage aimé à des moments charnières, révélant à la fois la pérennité du premier coup de foudre et la maturité gagnée au fil des ans.

De cet acte manqué découleront vingt années de recherches et dans ce XXe siècle qui se termine, c’est aussi une génération qui s’éteint au profit d’une autre : celle qui découvrira sur le tard Meetic, Facebook et Netflix, celle qui souffrira de ce changement sociétal, celle qui abandonnera les livres, ses rêves et la foi en l’Amour, celle qui se mariera trop vite, qui divorcera très tôt et devra se reconstruire.

Dans un Paris réaliste mais fantasmé par les sentiments, j’ai pris plaisir à déambuler au rythme des saisons, de la course du soleil et des années. J’ai été touchée par tout ce qu’un simple prénom peut faire naître comme émotions quand on l’entend au détour de conversations d’amis communs. Tous ces rendez-vous sont-ils vraiment ratés ? Faut-il parfois attendre pour se rendre compte que le bonheur est là ? Peut-on aimer encore quand on est cabossés par la vie ? Ce roman réussit de tour de force d’être un message d’espoir malgré les erreurs.

Ce roman n’a rien d’un feel good, et pourtant, il rappelle que la vie n’est composée que d’instants : instants rêves, instants fugaces, instants magiques, instants ratés… Et c’est une parenthèse bien agréable que nous propose ici Eliette Abécassis.

« Pour passer le temps, elle s’était mariée, avait eu deux enfants, développé une librairie, mais tout ça…n’était rien face à une minute avec lui. Cela lui suffisait, et en dehors de cela, elle était au bord du gouffre. Le présent était impossible, leur relation se poursuivait à travers le passé et le futur mais quel futur ? Et si le temps n’existait pas ? Quelques mots à peine échangés pouvaient être l’éternité. Et dans ces moments, plus rien d’autre n’était. »

Priscilla

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s