Une Sirène à Paris de Mathias Malzieu

J’ai fait connaissance avec Mathias Malzieu il y a plusieurs années, bien avant le blog, grâce à son sublime roman, La Mécanique du Cœur, qui m’avait absolument enchantée. Aujourd’hui, je me suis fait le plaisir de découvrir Une Sirène à Paris, et j’avoue que le charme a encore opéré.

Voici la quatrième de couverture :

Juin 2016, la Seine est en crue et Gaspard Neige trouve sur les quais une sirène blessée qu’il ramène chez lui. Elle lui explique que tous les hommes qui entendent sa voix tombent amoureux d’elle et en meurent, mais, convaincu que son cœur est immunisé depuis sa rupture, Gaspard décide de la garder jusqu’au lendemain dans sa baignoire.

Evidemment, nous sommes d’emblée invités à entrer dans un univers merveilleux, peuplé notamment de sirènes, d’une sirène en tout cas. Dès les premières lignes, la magie m’a prise au cœur : « Il pleuvait en plein soleil sur Paris, ce 3 juin 2016. La tour Eiffel se laisser pousser les arcs-en-ciel, le vent coiffait leurs crinières de licorne ».

Lui, c’est Gaspard. Sa vie est faite de petits enchantements, il vit dans un « appartelier », travaille dans la coque du bateau de sa grand-mère, se déplace en rollers, rêve d’être un « surprisier » capable d’arrêter le temps. Mais voilà, tous ces petits enchantements n’opèrent pas comme ils devraient, car Gaspard est, dans son cœur, complètement désenchanté, insensible à l’amour, croit-il.

Elle, c’est Lula, une sirène, la dernière, de huit mille ans, qui se méfie des hommes qui veulent ou la manger, ou la faire pleurer pour récupérer des perles, ou lui arracher ses écailles. Elle a, pour seule protection, sa voix et son chant, comme ses ancêtres, qui s’en servaient contre les compagnons d’Ulysse. Il est mortel, incontrôlable, contagieux. Elle ne le maîtrise pas encore totalement.

 Qu’adviendra-t-il de cette rencontre entre deux individus rejetant l’amour ?

Autour d’eux, il y a Milena, infirmière cartésienne, malmenée par la vie mais heureuse avec Victor, un imitateur d’Yves Montand, infirmier lui aussi. Il y a Henri, cœur d’artichaut, Camille le père rendu triste par les deuils et Rossy l’ancienne amie de la grand-mère, un peu déjantée mais pleine d’amour à donner. Tous ces personnages sont attachants, profondément humains et émouvants, chacun avec leur histoire, leurs quêtes, leur caractère.

Tout cet univers est enchanteur et m’a fait oublier l’obscurité de notre vie actuelle. Les maladresses de Gaspard, les sentiments de Lula, la simplicité de Rossy et des scènes rocambolesques de sirène qui essaie de fumer et s’asphyxie les branchies, de tuk tuk tirant une baignoire, nous invitent à saisir la magie de chaque moment de la vie. L’amour est partout, il suffit de s’ouvrir pour se rendre compte que sans lui, la vie même perd de sa saveur.

Enchantez-vous, aimez, chantez, voilà le message que je voudrais retenir de ce conte moderne. Le bonheur est un choix, qu’il faut renouveler chaque jour et savourer chaque seconde. Encore une fois, l’écriture de Mathias Malzieu s’est révélée poétique, envoûtante et jouissive. Cet auteur confirme, avec ce roman, sa place dans mon cœur de lectrice avide d’évasion et de merveilleux, et je n’ai qu’une envie : découvrir ses autres romans le plus rapidement possible.

Et vous, vous connaissez ?

Priscilla

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