Les Classiques de Priscilla – Lorenzaccio de Musset

C’est avec grand plaisir que j’ai décidé de reprendre de manière plus régulière ma lecture des classiques de la littérature, mission pour laquelle le Reading Classics Challenge va bien m’aider.

Premier thème de l’année : théâtre.

 J’ai décidé de découvrir – enfin ! – Lorenzaccio d’Alfred de Musset. Ce que je savais de cette pièce au départ était assez limité : un drame romantique, une pièce assez longue, loin des unités du théâtre classique et qui traitait de la même sorte de « maladie du siècle » que les romans de son dramaturge, notamment La Confession d’un enfant du siècle, dont vous pourrez retrouver ma chronique ici.

J’avoue que j’ai eu un peu de mal à entrer dans cette pièce. Il y a énormément de personnages, c’est une époque historique que je connais mal (Florence, sous les Médicis, aux mains des Allemands, sous la pression du pape, de Charles Quint…) et toutes les informations sont données, comme le veut le genre théâtral, au fil de conversations entre différents personnages, qui auront une importance plus ou moins grande, mais qui ont le mérite de représenter l’ensemble de la société de l’époque.

Au milieu de cela, le duc Alexandre de Médicis, un peu, et Lorenzo, très peu. Deux hommes vils, profondément détestables, qui profitent de leur statut pour abuser des femmes, pour exiler des hommes, tuant sans scrupule si nécessaire.

Tout autour d’eux gravitent des nobles Florentins apeurés, mais profondément révoltés qui ne veulent qu’une chose, rétablir une forme de justice.

Puis est arrivé l’acte III. A ce moment-là, l’injustice du Duc a fait mettre en prison deux fils Strozzi et leur père supplie Lorenzo d’intercéder en leur faveur. Lorenzo va enfin se dévoiler et prendre le pouvoir sur cette scène complexe et foisonnante. Et quelle scène que la troisième ! Lorenzo est en effet le parangon du héros romantique, torturé par sa tentation pour les plaisirs simples et sa soif d’accomplissement, déchiré entre la promesse qu’il s’est faite (tuer un tyran) et la peur des conséquences, ou plutôt de l’absence de conséquences. Lorenzo m’a semblé lucide, pessimiste mais atrocement réaliste sur la nature humaine. Le dénouement, d’ailleurs, lui donnera raison. C’est un personnage fascinant. Par passion, par conviction, il va jouer un double jeu tellement fin et tellement long auprès de son cousin qu’il perd son identité, sa conscience, son essence même.

J’ai aussi été profondément touchée par la mère de Lorenzo, déchirée, elle aussi, entre son amour pour son fils, la déception devant l’adulte qu’il est devenu, et l’espoir, toujours vivant, qu’il redeviendra celui qu’il a été. Par le père Philippe Strozzi. Cet homme, républicain convaincu, sage et pacifique, est tour à tour porté à la rébellion dans le sang pour sauver la vie de ses fils, puis confiné dans un mutisme immobile après la mort de sa fille. Sa soif de justice ne peut plus être étanchée dès lors que sa chère Louise est partie, il s’éteint, de toutes les manières que l’on peut s’éteindre. Et avec lui, les élans honorables d’une République pleine de promesses.

C’est une pièce qui, indéniablement, méritera une relecture. Pour cerner la personnalité de Lorenzo lors de ses premières apparitions, pour saisir toutes les critiques anticléricales et politiques de Musset, pour s’attarder sur ce qui semble d’abord du détail, mais qui est forcément très signifiant quand il s’agit d’une œuvre de Musset. Je complèterais sûrement ma chronique…plus tard !

Et vous, vous connaissez ?

Priscilla

7 commentaires

    1. Je comprends, notamment pour le roman, mais dans cette pièce, je ne trouve pas que ça pleurniche des masses. Mais quand on en étudie beaucoup en même temps, on y est sûrement plus sensible 😉

      Aimé par 1 personne

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