Les Classiques de Priscilla – Jane Eyre de Charlotte Brontë

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Jane Eyre fait partie de ces classiques anglais qui sont restés longtemps dans ma PAL, plus longtemps encore dans ma Wish-list, comme Orgueil et Préjugés de Jane Austen ou Oliver Twist (qui y est toujours d’ailleurs). Tout simplement parce que mon parcours m’a orientée davantage vers la littérature française. Je découvre donc tous ces petits bijoux à l’âge adulte, avec un plaisir non dissimulé. Orgueil et Préjugés a été un véritable coup de cœur (vous pouvez retrouver ma chronique ici), Jane Eyre est une révélation.

Voici la quatrième de couverture :

Le destin dramatique de Charlotte Brontë transparaît dans l’histoire de son héroïne Jane Eyre, en rupture avec le puritanisme victorien de son époque. Orpheline maltraitée, sans fortune et sans beauté, Jane entre comme gouvernante au manoir de Thornfield, pour s’éprendre du ténébreux Rochester, le maître des lieux. Entraînés par une passion sensuelle et une égale exigence morale, ils envisagent bientôt le mariage. Mais une présence mystérieuse hante ce domaine perdu entre landes et bruyères. Qui est cette femme, cette « folle » recluse dans une mansarde de Thornfield, qui menace leur union ? En plein XIXe siècle, dans l’Angleterre victorienne qui voit s’éteindre les sombres lumières du roman gothique et s’étioler les vapeurs du spleen romantique, Charlotte Brontë incarne l’audacieux combat des femmes prêtes à se battre pour leur indépendance et leur liberté.

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Cette histoire est touchante pour des dizaines de raisons. Cela tient d’abord à la narration : la narratrice, Jane Eyre elle-même, s’adresse à nous personnellement et souvent pour faire des remarques sur l’histoire et son déroulement. Cela tient surtout à l’histoire elle-même. Rien ne sourit à cette petite fille, dont le destin ressemble étonnamment, au début tout du moins, à celle d’Oliver Twist (oui j’en ai déjà lu une version abrégée) avec cette absence de famille, l’horrible pensionnat et la méchanceté des adultes qu’elle rencontre. Mais là n’est pas l’essentiel. La force de ce récit, c’est la construction d’une personnalité, dont on sait déjà la fougue, la colère face à l’injustice, mais aussi la profonde bonté que personne n’essaie de voir ou d’exploiter avant Helen Burns et Miss Temple.

Il est évidemment question d’amour. La relation entretenue entre Jane et M. Rochester est originale, elle ne sombre jamais dans la mièvrerie. Ils se cherchent, se provoquent, se taquinent, se défient constamment, et c’est ainsi qu’ils grandissent ensemble et se construisent à l’ombre l’un de l’autre. Les erreurs, les différences (d’âge, de statut social) ne changent pas une relation construite à partir de la communion des âmes. Mais cet amour n’est pas la clé du bonheur pour Jane, son histoire est semée d’embûches, très violentes.

Jane doit repartir de zéro, une sorte de descente aux enfers qu’elle ne traverse que grâce à quatre individus bienveillants, elle qui n’a croisé que des monstres, en-dehors de Thornfield, Mary, Diana, Saint John et Hannah, leur domestique. Elle sera mendiante, redevable, institutrice, indépendante, riche, sollicitée, avant de retourner à ce qu’elle est, profondément. Elle doit lutter contre sa douleur, contre l’influence de l’argent, du dogmatisme de Saint John, du spiritisme, au nom de ses désirs, de sa personnalité.

Jane Eyre doit tout conquérir : l’amour, l’indépendance, l’honneur, la liberté de choisir. Et elle y parvient, mais quel parcours… C’est une vie passionnante mais qui ne pèche pas par excès de romanesque, tout cela semble réaliste, réel même. Dans ce texte, Charlotte Brontë revendique un féminisme rare à son époque, mais nécessaire pour que les femmes obtiennent enfin leur intégrité, tout simplement. Jane ne se donne jamais complètement parce qu’elle comprend vite qu’elle n’appartient qu’à elle-même, c’est un message fort qui vient de son cœur et que l’on sent s’affirmer au fil de l’œuvre. Elle ne se laisse diriger ni par Mme Reed, ni par John, ni par M. Brocklehurst, ni même par M. Rochester. Seul Saint John essaie encore de l’écraser sous le poids des conventions et de pseudos obligations morales, et elle sera sur le point de céder spirituellement quand son cœur la rappellera… J’ai été très émue par ce classique qui me marquera longtemps j’en suis sûre et que j’aurai plaisir à relire…

Et vous, vous l’avez lu ? Aimé ? Y a-t-il des romans, comme ça, que vous êtes sûrs de relire un jour ?

Priscilla

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