Pastorale d’Aki Ollikainen

Etrange voyage que celui que j’ai fait en compagnie d’Aki Ollikainen dans une campagne finlandaise onirique, magique et en même temps profondément humaine.

Voici la quatrième de couverture :

Dans la campagne finlandaise, un homme croise un loup à l’orée de la forêt. Le prédateur rôde autour du hameau, menaçant ses habitants et leur troupeau. Pourtant, c’est un soleil radieux qui ce matin illumine le bout de terre où Meri, Kaius, Vilho, Sirkka, Reino et les autres vont partager des instants volés, des souvenirs, des secrets, et parfois se bousculer.
Alors que les corbeaux cancanent à l’abri des hauteurs, jaugeant les hommes et leurs faiblesses, la journée poursuit sa course, portant son lot de présages. À l’aube nouvelle, chacun sera transformé.
Rythmé par les murmures de la nature souveraine et les chatoiements de la lumière, Pastorale est un conte cruel et poétique. Avec une épure remarquable, ce récit aux accents bibliques alterne entre mythe, scène champêtre et chronique familiale.

On ne peut pas dire qu’il se passe beaucoup de choses dans ce texte et pourtant il y est question d’amour, d’ennui, de souvenirs, de mort. Dans ce récit, il m’a été difficile, voire impossible de m’attacher aux personnages : certains sont trop froids, d’autres trop absents, d’autres trop énigmatiques. Pourtant, on suit leur journée menacée par la présence du loup avec plaisir, tant le style est beau et poétique.

Parce que finalement, tout se joue dans ce rien entre la femme malade, le mari aimant, le couple éloigné, la nièce citadine, le fils rejeté et le loup aussi affamé que peu menaçant de prime abord. Les personnages perdent leur virginité, leurs illusions, leurs yeux et se mettent à discuter avec des agneaux muets ou des corbeaux dans une mélopée envoûtante à laquelle on ne comprend pas tout. Le destin se joue de ses hommes qui se croient les maîtres de l’univers quand ils n’en sont que les jouets. Le lecteur lui-même découvre un personnage qui se dit narrateur omniscient alors qu’il n’a pas parlé. C’est un texte qui enchante ou qui laisse dubitatif, mais qui ne peut pas laisser indifférent.

« C’était un silence tissé de voix. Les oiseaux chantaient durant les heures de la nuit, y compris le temps de ce bref intermède gris-bleu, essayant de trouver un compagnon avec qui se reproduire. Et ailleurs, sur la rive de ce lac étendu, des êtes humains cherchant leur lumière intérieure se réunissaient en une retraite silencieuse pour écouter les nombreuses manières qu’a Dieu de se taire. »

« Le paysage sur la pellicule des eaux était si parfait qu’il était impossible de dire lequel des deux était le monde authentique. Les êtres humains sur la rive s’imaginaient évidemment qu’en levant les yeux vers les traînées laissées derrière eux par les avions, ils observaient le firmament. Mais s’ils n’étaient eux-mêmes que des reflets ? Et si ce qu’ils voyaient maintenant à la surface du lac était leur unique chance d’avoir un aperçu, l’espace d’un instant évanescent, sur le monde réel ? »

Priscilla

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