Les Classiques de Priscilla – Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos

C’est ce qui s’appelle faire d’une pierre deux coups. C’est dans le double cadre du Reading Classics Challenge d’octobre, qui avait pour thème « Epistolaire » et d’une lecture commune organisée par Maïté de Mademoisellelit et de Clarine de Clarine_bouquine que j’ai eu le bonheur de relire Les Liaisons dangereuses. Découvert à la fac il y a… quelques années… ce roman m’avait fascinée par sa structure narrative et par la complexité de l’intrigue et des personnages.

Pour ceux qui ne connaitraient pas, voici la quatrième de couverture :

La jeune Cécile Volanges quitte son couvent pour faire l’apprentissage du monde et épouser le comte de Gercourt, mais une de ses parentes, la marquise de Merteuil, entend profiter de ce projet de mariage pour se venger d’une infidélité que lui a faite autrefois Gercourt. Elle charge donc son complice, le vicomte de Valmont, de pervertir Cécile avant ses noces. Mais loin de Paris, dans le château de sa vieille tante, Valmont s’est de son côté mis en tête de séduire la dévote présidente de Tourvel, et une idylle bientôt se noue entre la « petite Volanges » et le jeune Danceny.

De nombreuses adaptations ont été réalisées à partir de ce roman. Ceux qui ne l’ont pas lu connaissent peut-être le film avec Glenn Close et John Malkovich ou Sexe Intentions qui transpose l’intrigue dans un monde plus actuel. Mais ce qui est assez impressionnant dans l’écriture de Laclos et que les films ne peuvent pas rendre, c’est qu’il s’agit d’un roman épistolaire. Toute l’intrigue se noue grâce à des échanges de lettres. Laclos parvient à donner de la vie à une correspondance, comme peu d’auteurs, avant et après lui, y sont parvenus.

L’intrigue est d’une noirceur et d’une complexité incroyables, d’autant qu’elle prend de l’ampleur au fur et à mesure de l’avancée de projets des deux personnages principaux. Il s’y mêle l’orgueil, la réputation, la vengeance, l’amour déçu. La Marquise de Merteuil et le Vicomte de Valmont ne semblent avoir d’estime que l’un pour l’autre, tous les autres sont à écraser et plus on en écrase, mieux c’est ! Pour se venger d’un ancien amant, Gercourt, la Marquise veut pervertir sa future épouse, Cécile, en faire une dévergondée qui perdra la réputation de son époux. Pour redorer son palmarès, Valmont veut séduire la femme la plus prude et vertueuse de Paris, la Présidente de Tourvel. Les deux intrigues parallèles finiront par se rejoindre quand Valmont apprendra que la mère de Cécile raconte des horreurs sur lui à la Présidente.

D’abord fascinée par l’esprit retors des deux héros, j’ai adoré découvrir les méandres de leurs sombres pensées. Ils sont effrayants de vice mais surtout d’hypocrisie. Tout Paris loue la vertu de la Marquise, tout le monde reçoit Valmont chez lui malgré ses frasques, il semble qu’ils pourront agir en toute impunité jusqu’à leur mort.

Mais, et c’est ce qui est passionnant dans cette histoire, on sent que l’intrigue se corse. Que pourrait-il leur arriver de pire que de devenir ennemis ? Chacun dispose sur l’autre d’un dossier capable de le ruiner auprès de tous. Cette deuxième lecture m’a permis de sentir le vent tourner entre les deux complices bien plus tôt que lors de ma découverte du roman. La Marquise, orgueilleuse et fière, va avoir du mal à supporter les refus de Valmont, les mentions de ses succès, mais surtout elle n’arrivera pas à passer outre le fait qu’il lui échappe complètement. Pour ne pas perdre la main, elle va reprendre le pouvoir et le manipuler, se donnant ainsi le rôle fort. Valmont, quant à lui, est totalement aveugle aux changements qui s’opèrent en lui. Chaque lettre qu’il écrit à la Présidente ou à la Marquise regorge d’indices qu’il sème sans s’en rendre compte. Son orgueil le perdra, lui aussi. La haine des autres, qu’ils avaient en commun, finira par se retourner contre eux.

En ce qui concerne les autres personnages, je suis beaucoup moins fan. Cécile de Volanges est totalement niaise : au mieux, elle prête à sourire, mais elle est surtout énervante de simplicité. La Présidente de Tourvel est trop vertueuse, trop dramatique, trop peu humaine à mon goût. Danceny est un pantin, romantique, passionné, manipulable à merci. Les autres sont moins importants. Et c’est, je pense, une des autres forces de Laclos : le lecteur est obligé de s’attacher, de se passionner, comme tout Paris, pour les personnages les moins recommandables.

Bref, je considère ce roman comme un chef-d’œuvre : les caractères des personnages sont incroyables, l’intrigue est riche, la psychologie très fine et c’est divinement écrit. Si vous ne connaissez pas, je ne peux que vous conseiller d’y remédier…

Priscilla

3 commentaires

  1. J’ai du étudier ce roman pour mon bac de littérature et je l’ai donc lu 4 ou 5 fois en un an, pour qu’au final il ne tombe pas comme sujet (j’ai eu Pascal à la place, c’était horrible parce que lui je ne l’ai même pas terminé une fois xD). Mais aucun regret, j’ai tellement aimé ce récit ! Il est d’une intensité incroyable. Ce serait chouette de le relire en tant qu’adulte je pense, à mon avis il prend une autre dimension presque 15 ans après ^^

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