Les Choses humaines de Karine Tuil

Ce roman de Karine Tuil existe désormais en édition de poche chez Folio et franchement, il vaut le détour. N’en espérez pas d’évasion quelconque : ce roman parle de nous et de notre vie, d’Instagram, de #balancetonporc et #metoo. Mais pour moi, ce fut une plongée en apnée dans une histoire qui, jusqu’à la fin, m’a échappée et happée en même temps…

Voici la quatrième de couverture :

Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale.

Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au cœur de ce roman puissant dans lequel Karine Tuil interroge le monde contemporain, démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et nous confronte à nos propres peurs. Car qui est à l’abri de se retrouver un jour pris dans cet engrenage ?

Il n’y a pas grand-chose de touchant dans ce roman. Les personnages principaux ne sont pas particulièrement attachants, l’un d’entre eux m’en est même devenu détestable. L’histoire est glauque au possible, pour chacun d’eux. Et pourtant ça fonctionne, très bien même !

Jean et Claire Farel forment un couple médiatique. Lui est un présentateur et un journaliste de renom, elle est une essayiste intelligente et vive ; ensemble ils ont un fils brillant étudiant à Stanford. Mais derrière la surface, l’ensemble est moins brillant. Jean mène une double vie depuis des années, ce dont son fils est témoin très jeune, Claire est incomprise et souvent prise à parti dans des débats sociaux, Alexandre a fait une tentative de suicide. Quand Claire, après sa maladie, décide de tout faire pour être heureuse, le vernis s’écaille. Elle quitte son égocentrique et carriériste de mari pour aller vivre avec Adam Wizman, professeur juif qui vient de quitter sa femme.

Quand l’histoire commence, tout part déjà à vau-l’eau mais les apparences sont sauves. Il faudrait que Jean atteigne le sommet de sa carrière en recevant la légion d’honneur pour qu’Alexandre découvre la vérité sur son père, pour qu’il décide d’aller chez sa mère et qu’il doive emmener Mila, la fille d’Adam, en soirée avec lui. Elle, la jeune fille juive, va découvrir l’alcool, la drogue et l’humiliation. Pour relever un défi proposé par son ami, Alexandre va coucher avec Mila et rapporter sa culotte. Ce petit jeu malsain va définitivement ouvrir la brèche. Elle porte plainte pour viol.

Je ne vous en dirai pas plus sur l’intrigue sinon je révèlerai tout. D’enquêtes en procès, d’une version à l’autre, le lecteur est malmené de bout en bout. On ne peut être du côté de personne et pourtant on souffre pour tout le monde. Quelle est la vérité ? Y a-t-il une vérité ? A quel moment s’opère la bascule ? Le rythme est effréné et haletant. On veut absolument comprendre, savoir, conclure. Pour ma part, je n’y suis pas parvenue.

C’est un portrait vivant de notre époque malsaine. On se surexpose, on désenchante tout, l’amour, le sexe, au profit de followers, du culte de la jeunesse à tout prix, de la réussite sociale. Mais à quel prix ? C’est un roman qui gêne, qui dérange, qui interroge aussi et dont, je crois, on ne peut pas ressortir indemne. J’en parle beaucoup autour de moi depuis et je m’en souviendrai longtemps…

Priscilla

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