Le petit Macron démasqué de Morchoisne et Fetjens

A la base, je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler une férue de politique. Non que je trouve cela inintéressant, mais je considère que cela dépasse mes capacités. Je n’ai pas la vision d’ensemble qu’il est nécessaire d’avoir pour défendre un point de vue sur le sujet. A cela s’ajoute, comme chez tout le monde, une grande désillusion à propos de ce monde… Pourtant, quand les Editions de l’Archipel m’ont proposé cette bande dessinée, j’ai sauté sur l’occasion.

Voici d’abord la quatrième de couverture :

À douze mois de la présidentielle, ce livre en forme d’abécédaire offre un état des lieux d’une Macronie et d’un personnel politique en pleine décomposition : chacun en prend pour son grade !En même temps de droite et vaguement de gauche, séduisant et froid, décontracté et raide, méthodique et gaffeur, Emmanuel Macron écoute tout le monde et ne se fie qu’à lui-même.
Il est parvenu à fracturer la droite, humilier l’extrême droite, liquéfier le PS, annexer le centre et placardiser une génération entière de dinosaures qui en avait bien besoin. Épatant ! Bravo !
Et pourtant, à coups de petites phrases malheureuses, de crises mal gérées, de réformes bricolées et d’une gestion pour le moins chaotique de la crise sanitaire, le président n’a plus vraiment la cote.
Alors que se profilent les présidentielles, ce livre fait l’état des lieux d’une Macronie déconfite, par le jeu d’un abécédaire passant en revue un paysage politique en pleine décomposition. Ça promet ?

J’adore, en revanche, l’art de la caricature et ici, c’est très bien fait. En plus de n’avoir aucune difficulté à reconnaître les visages de ces hommes et femmes politiques, on rit beaucoup de les voir animalisés en pigeon, en gorille, ou même réifiés en suppositoire, en carotte… Je vous laisse vous régaler avec ces quelques images.

Mais ce qui m’a définitivement séduite, vous vous en doutez, ce sont les mots. Quel talent nous révèle ici l’auteur. Les textes sont drôles, savoureux parce que les métaphores choisies sont filées sur tout le paragraphe.

« On se souvient du débat du deuxième tour, entre une Marine Le Pen jouant les mouches du coche et notre Guide suprême, agacé par cet incessant bourdonnement, mais s’employant, comme une mite, à ronger patiemment la toile de son adversaire. Et on a redécouvert à l’occasion que la mite faisait partie de la famille des teignes. »

Il y a même des fables, écrites avec beaucoup de finesse.

« A quoi donc songeait-il durant ces longs instants / Au moment d’apparaître devant ses partisans ? / Au parcours étonnant d’Emmanuel Macron / Qui sut, d’une pichenette, écarter le Hamon, / Jeter aux oubliettes le malheureux Fillon / Et, de par sa faconde, étancher Mélenchon, / Faire mariner Marine, mettre Le Pen à la peine / Et rester seul en lice, et maître de l’arène. »

Tout le monde en prend pour son grade, le couple présidentiel bien sûr, mais aussi Benalla, la droite, la gauche, les écologistes, Trump, Poutine, Angela Merkel. Il s’agit ici de montrer l’étendue de l’onde de choc que représente le quinquennat de Macron, après les élections, les gilets jaunes, la réforme des retraites, le coronavirus…

Le bilan est plutôt acerbe et tranchant, mais finalement, on le savait avant de commencer à lire et au moins, ici, c’est amusant ! Et vous, vous aimez ce genre d’ouvrage satirique ?

Priscilla

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