Moi, Napoléon de Vincent Mottez et Bruno Wennagel

Je ne suis ni une grande connaisseuse, ni une grande fan de la bande dessinée. Pourtant les romans graphiques m’attirent souvent plus facilement : la narration y est (et j’ai bien conscience que c’est peut-être un a priori) plus développée. Aussi ai-je accepté avec plaisir quand Babelio m’a proposé cette opération Masse critique privilégiée autour de Moi, Napoléon de Vincent Mottez et Bruno Wennagel aux éditions Unique Héritage.

Voici la quatrième de couverture :

Moi Napoléon est un roman graphique consacré à l’empereur des Français. Exilé à Sainte-Hélène, Napoléon revient sur les grands épisodes de sa vie, au fil d’un vibrant monologue intérieur : de sa naissance à Ajaccio à sa chute à Waterloo, en passant par son sacre et ses grandes batailles. Cette confession fictive, appuyée par une solide documentation historique, est mise en scène par des illustrations qui revisitent l’iconographie impériale à travers l’univers sombre des comics américains.

Le parti pris de l’autobiographie fictive a le mérite de rendre hommage et justice aux deux principaux aspects de la personnalité de Napoléon : son génie (militaire, stratégique, le code civil, le lycée, etc…) et son ambition démesurée. A travers de très courts chapitres qui résument l’essentiel de sa carrière et de sa vie, le lecteur est amené autant à ressentir qu’à voir la rancœur d’un Corse blessé, la démesure d’un général puissant, la haine contre les Anglais, la désillusion de l’homme déchu.

On y trouve les récits de toutes les plus célèbres batailles de cet homme qui, même au sommet du pouvoir, se mettait avec ses hommes lors des combats ; on y trouve les femmes de sa vie et finalement on sent qu’il est capable de mettre son cœur entre parenthèses pour servir ses rêves ; on y trouve aussi ses espoirs, celui, notamment, de devenir un nouveau Charlemagne qui unifierait l’Europe.

Quinze ans au pouvoir en 150 pages ! Nous prenons ainsi la mesure du changement radical que son règne a engendré en si peu de temps : le nombre de guerres, de mesures prises en si peu de temps est impressionnant.

Dans ce court texte, Napoléon apparaît avant tout comme un général, son humanité s’efface peu à peu derrière le stratège militaire, derrière l’homme politique au cœur de l’Europe. Mais cela n’empêche pas le texte d’être très beau à certains moments, notamment dans le prologue :

« Après ma chute, la fortune m’ordonnait de mourir, et l’honneur m’ordonnait de vivre. Car si je suis déchu de ma puissance, je ne le suis pas de ma gloire. »

« Le temps et l’injustice peuvent maltraiter mon corps, mais mon âme reste libre et indépendante, comme lorsque j’étais à la tête de 300 000 hommes. Je m’envole par la pensée. Je m’évade de ce maudit rocher. Tant que je respire, ma légende m’appartient. Chaque matin, elle m’étreint. Et je me souviens… »

Bref, cette lecture rapide a remis de l’ordre dans mes souvenirs confus sur la période napoléonienne. J’ai beaucoup aimé le format choisi et je me suis replongée dans cette époque avec plaisir.

Priscilla

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