Les Classiques de Priscilla – La Conquête de Plassans d’Emile Zola

J’ai toujours été fascinée par le projet de Zola avec les Rougon-Macquart. Ecrire l’histoire d’une famille sur plusieurs générations, tout au long du Second Empire, en mêlant, sans la moindre lourdeur, des considérations génétiques sur la folie, des éléments historiques, des événements politiques avec un sens du détail si précis, sans jamais être ennuyeux, on est vraiment dans le génie.

Je connais, pour les avoir lus, sans ordre préalable, Nana (que j’adore), L’Assommoir, La Curée, Thérèse Raquin (qui ne fait pas partie de cette fresque justement), Germinal… Mais en 2016, j’ai eu à lire le premier volume de cette saga, La Fortune des Rougon, qui met en place tout l’hérédité de la Tante Dide, Adélaïde Fouque, l’ancêtre commun, la femme de Rougon qui a pris Macquart pour amant, la fêlure initiale. Depuis, à chaque fois que je veux lire Zola, j’essaie de prendre le volume suivant chronologiquement. C’est ainsi que j’ai découvert cette semaine La Conquête de Plassans, le quatrième roman.

Loin d’être le plus connu, ce roman m’a tout simplement fascinée. Il est aussi passionnant que glaçant. Pour cet opus, nous retournons à Plassans, la terre originelle, celle d’Adélaïde justement, celle de Pierre Rougon et de son épouse Félicité, celle de Macquart et des Mouret. On entre très rapidement chez Marthe, fille de Félicité et Pierre, sœur d’Eugène, Pascal, Aristide et Sidonie, mariée à François Mouret, lui-même le fils d’Ursule Macquart, la demi-sœur de Pierre… Ça va, vous suivez ? Bref, Marthe est mariée avec son cousin et ils sont les parents de trois enfants.  Quand l’histoire commence, François a accepté de louer une chambre à un abbé. C’est là que tout s’enclenche.

Je ne peux pas trop vous en dire mais quand même. L’Abbé Faujas est un être méprisant, d’apparence simple, associable, misogyne mais profondément orgueilleux et ambitieux. Cette conquête est aussi spatiale que morale. Faujas et sa mère vont d’abord s’imposer très subtilement dans le domicile des Mouret, puis dans les idées de Marthe, dans les projets de Plassans, dans le voisinage des Mouret, le diocèse et enfin jusqu’à Paris. A côté de personnalités sombres et peu scrupuleuses que sont celles de Félicité, de l’abbé et de sa mère, sans parler de sa sœur et son mari, de Mme de Condamin ou des Paloque, on retrouve les purs, les victimes que sont Marthe, François et leurs enfants en première ligne.

Ici, l’influence religieuse est au cœur d’intrigues politiques, pas en tant que critique de la puissance divine, mais en tant que remise en question de ce pouvoir confié à de simples hommes, parfois peu méritants. Marthe d’ailleurs en perdra la raison, ne sachant plus si elle vénère Dieu ou cette espèce de Rastignac que se révèle être l’abbé Faujas. Bien plus que la menace de l’enfer, c’est celle de la folie qui guide les individus, effrayés à l’idée de finir comme la Tante Dide.

Tout se construit subtilement et le lecteur ne comprend pas tout de suite qui a envoyé l’abbé et quelles sont ses intentions. La fin est tout simplement glaçante et spectaculaire. C’est un roman auquel justice n’est pas rendue. Je l’ai trouvé fin, bien construit et très prenant. Prochaine étape : la faute de l’abbé Mouret… Parce que oui l’abbé Faujas a convaincu le fils de Marthe de faire le séminaire… ça promet encore de belles heures de lecture !

Et vous, vous connaissez les Rougon-Macquart ? Les avez-vous déjà lus dans l’ordre ?

Priscilla

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