Rimbaud, Dernier voyage d’Alain Vircondelet

Me voici aujourd’hui pour vous parler du deuxième récit d’inspiration biographique que je découvre par le biais de la collection « Ecriture » des éditions de l’Archipel. Je vous avais fait un retour de ma lecture de Baudelaire et Jeanne la semaine dernière, c’est de Rimbaud qu’il est question cette fois avec le texte d’Alain Vircondelet, Rimbaud dernier voyage.

Voici la quatrième de couverture :

Le 7 avril 1891, Rimbaud, malade, quitte Aden pour la France. En caravane, en litière, en mer, il arrive enfin à Marseille le 20 mai. Sa mère le rejoint à l’hôpital de la Conception pour n’y rester que deux semaines.
Amputé de la jambe droite, il se désespère et veut revenir à Roche, la ferme familiale où vit aussi sa sœur. Le mal empire. Nouveau séjour à Marseille, cette fois-ci avec Isabelle. Dernière saison, derniers secrets. A-t-il retrouvé la foi ? Quel amour le relie à sa sœur ?
Alain Vircondelet, au plus près de Rimbaud, accompagne les derniers pas de l’éternel enfant, terrifié par sa mort pro- chaine, hanté par l’idée de Dieu, jamais vraiment renié…

C’est un beau texte que nous offre Alain Vircondelet. Quel défi que de se mettre dans la tête celui qui voulait se faire voyant ! Le pari est réussi. Dans les mots de l’auteur, on retrouve les fantaisies rimbaldiennes, les illuminations qui rendent sa poésie si belle et si absconse en même temps, on retrouve les contradictions du mourant d’une trentaine d’années qui aime sa mère autant qu’il la déteste, qui veut toujours quitter les Ardennes mais rentre à Roche, qui se moque de Dieu mais a peur de mourir…

Pour autant, le charme n’a pas vraiment opéré avec moi. Déjà, retracer les derniers mois d’un homme souffrant, amputé et peu à peu paralysé, c’est un choix qui empêche d’emblée un certain nombre d’actions. Je me suis un peu ennuyée, mais c’était inévitable, du fait qu’on ne se concentre que sur les pensées d’un homme qui ne fait que se rappeler l’Afrique et tout ce qu’il n’a pas fait, et qu’il ne fera jamais.

En outre, la complexité de Rimbaud me fascine, mais elle me perd aussi. Le talent de l’auteur qui parvient à rendre les pensées de cet éternel rebelle m’a donc aussi perdue, mais finalement c’est un gage de réussite.

Enfin, les choix narratifs ne m’ont pas convaincue. On ne sait pas trop si l’on est dans la tête de Rimbaud. Les « je », les « tu » ne s’adressent pas toujours à la même personne et je ne connais pas assez la biographie du poète pour suivre les déambulations de la pensée du narrateur.

En bref, si vous aimez la poésie de Rimbaud, ce court texte devrait vous séduire. Si comme moi, vous l’aimez, mais vous y perdez parfois, sachez que vous risquez de vous perdre ici aussi. Mais l’auteur, et j’insiste sur ce point, fait preuve d’un grand talent, que je tiens à saluer. Il est juste des textes auxquels on est moins sensibles. Et tant mieux finalement…

Priscilla

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