Si tu vois le Wendigo de Christophe Lambert

Une fois n’est pas coutume, je vous parle aujourd’hui de littérature jeunesse, pour ados si l’on veut être précis. Ce n’est pas ce que je lis le plus souvent, je l’ai fait beaucoup quand j’ai commencé à enseigner pour trouver des angles d’attaque intéressants pour mes chères têtes blondes et puis j’ai arrêté, mais je m’y replonge avec plaisir quand l’occasion se présente. Je vais donc vous parler aujourd’hui du roman de Christophe Lambert, Si tu vois le Wendigo aux éditions Syros.

Voici, tout d’abord, la quatrième de couverture :

Fin des années 50, États-Unis. David vit avec ses parents dans une résidence de standing où chaque famille semble mener une vie parfaite. Un soir d’été, en rentrant chez lui, il s’immobilise, frappé de stupeur : sa voisine Ruth marche nue sur la route, hagarde, la bouche en sang. Une apparition presque irréelle. Ruth est-elle somnambule comme le prétend son mari ? Et d’où viennent les visions prémonitoires de la petite Nelly ? L’épaisse forêt qui jouxte la résidence pourrait détenir quelques réponses.

Du roman jeunesse, on retrouve une histoire centrée sur un personnage qui se situe à mi-chemin entre l’enfance et l’âge adulte. David aime les romans d’aventures, jouer aux cow-boys et aux Indiens avec son meilleur ami, Bobby Lee, faire du vélo dans la forêt, écouter les émissions radio de Lone Wolf, rebelle contestataire. Adolescent, il s’éloigne peu à peu de ses parents qu’il ne comprend pas toujours et qui ne le comprennent pas toujours. Et puis, un jour, David est confronté à une scène étrange et douloureuse : la vision de sa voisine nue, ensanglantée et choquée. A partir de cet instant, David est forcé de pénétrer un univers sombre duquel il était pourtant resté éloigné jusque là, celui des adultes. Un monde peuplé de secrets, de mensonges, de « c’est trop compliqué » ou « ça ne te regarde pas ». David va tomber amoureux, vouloir prendre les choses en mains, vouloir comprendre, et c’est assez violent.

La figure qui accélèrera son entrée dans ce monde violent, c’est celle du Wendigo. Avec des airs d’Alice au pays des merveilles, cette clairière enchantée (ou maudite, c’est selon) lui proposera un pacte. Ne sachant pas à qui se fier, David sollicitera l’aide magique, parce qu’il n’est qu’un enfant. Et parce qu’il n’est qu’un enfant, il ne se rendra pas compte des conséquences.

David est un personnage attachant, dont on comprend très clairement les motivations. Il a pour lui l’insouciance de l’âge, l’innocence du premier amour et l’envie profonde de bien faire. En outre, il se débat contre cet univers adulte qui le rejette au lieu de l’introduire doucement. Il est confronté, sans qu’on l’y aide, à la violence au sein des couples, aux rumeurs, à un cartel de drogue, à la mort même. Et parallèlement à cette sombre histoire principale, David joue avec les époques et évoque aussi sa vie future : on sait alors que les papas peuvent s’en aller, que la société va évoluer…

Les autres personnages sont également bien campés : on sent parfaitement le malaise du père de David, les différentes prisons de Ruth Bannermann, l’innocence de Nelly et Bobby Lee malgré la situation famille atroce qu’ils subissent, la violence de Mike, la surprotection de la mère…

J’ai personnellement trouvé la mise en place un peu longue, mais finalement, dans l’économie du roman, cela se justifie. Le recours au Wendigo, dont il faut se méfier, est le dernier maillon d’une chaine de tentatives infructueuses pour mener à bien ce qui lui tient à cœur. Et alors, tout s’accélère, dangereusement et inexorablement, au point de happer le lecteur qui ne peut pas fermer le livre avant la fin, tant la tension est forte.

C’est donc une lecture agréable qui mêle la magie de l’enfance et la violence de la vie des adultes (nuançons toutefois : d’adultes bien peu représentatifs quand même), l’amour à la haine, les bonnes intentions aux actions lourdes de conséquences. Pour ma part, le contrat est rempli par Christophe Lambert.

Et vous, vous connaissez ? Vous lisez de la littérature jeunesse ?

Priscilla

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