Tu ne seras plus mon frère de Christian Blanchard aux éditions Belfond

Second roman que je lis de l’auteur, en juin 2019 j’ai découvert la plume de Christian Blanchard avec Seul avec la nuit, que j’avais trouvé fabuleux, voici mon avis dans son intégralité:

Seul avec la nuit de Christian Blanchard – Livresque78 Mag&Priscilla

C’est encore une fois un véritable choc que je ressens à l’issue de cette lecture, commençons par le résumé:

2011, Syrie. Kasswara et Kamar, deux frères franco-syriens auparavant très unis, découvrent que l’amour fraternel n’est parfois pas assez fort. Quand le printemps arabe éclate, leurs divergences prennent le dessus. L’un rejoint la rébellion, l’autre demeure un fervent défenseur du régime de Bachar el-Assad.

Il n’y a plus de frères maintenant mais deux camps.
Tu ne seras plus mon frère mais un ennemi à éliminer.

2019, France. Florence Dutertre, assistante sociale, supervise le retour des  » lionceaux du califat « . Ces enfants de djihadistes français ont grandi dans des camps syriens sous le commandement de Daech. Bombes à retardement ou jeunes innocents ? La question ne semble pas se poser pour le sniper qui les exécute un par un à leur arrivée sur le territoire. Terriblement choquée, Florence est pourtant prête à tout pour sauver ces enfants auxquels on a appris à compter avec des grenades…

Roman sombre et engagé, Tu ne seras plus mon frère nous plonge dans une Syrie déchirée où les liens du sang définissent les cibles à abattre et décrit, avec la puissance de son intrigue, l’impossible retour des enfants de combattants.

Christian Blanchard ne choisit une nouvelle fois pas la facilité, il aborde un sujet difficile, dont j’avoue savoir peu, c’est par conséquent une plongée, je dirai même une véritable immersion dans ce pays qu’est la Syrie et ce conflit qui le meurtrit depuis tant d’années. Un mélange d’actualités et de fiction qui m’ont passionné durant presque 350 pages, l’auteur utilise la famille, la fratrie, l’enfance et imagine une histoire qui n’est au final peut-être pas si imaginaire que cela, car ce que vivent Kasswara, Kamar et leur famille ont certainement une part de vérité, malheureusement. Difficile de ne pas s’émouvoir de la situation qui nous est décrite, d’essayer de comprendre les motivations et les souffrances de chacun. On reste donc comme devant les infos, spectateurs face au drame qui se joue, Christian Blanchard donne des visages et des noms à ce conflit et à cette incompréhension qui coûtent tant de vies. De 2010 à 2019, de Damas à Paris, le rythme est puissant et intense, l’écriture est tranchante, les mots n’adoucissent pas les terribles événements, loin de là. L’émotion est présente car cette guerre qui en vient à séparer deux frères alors qu’ils se battent tous deux pour l’amour de leur patrie, amène la haine dans le coeur le plus pur. Le lecteur pense inévitablement à ses propres frères et soeurs.

J’aime la plume de Christian Blanchard, j’aime les sujets engagés et difficiles qu’il aborde. J’ai encore son roman Iboga qui attend bien sagement dans ma bibliothèque, mais il faut s’avouer que lire un roman de cet auteur demande l’état d’esprit qui convient, car on ressort chamboulé, ému par les mots de Christian Blanchard, mais n’est-ce pas ce que chacun recherche dans la lecture?

Mag

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