Le Chant d’Achille de Madeline Miller

J’étais tombée sous le charme de la couverture de Circé aux éditions Pocket, il y a un moment… Je suis tombée sous le charme de la plume de Madeline Miller en lisant Circé, pendant le confinement. Je confirme mon coup de foudre quelques mois plus tard avec Le Chant d’Achille, reçu à Noël. Et cette lecture me permet de valider la catégorie « Yule » du menu « Hiver mystérieux » du Cold Winter Challenge (qui se termine à la fin du mois).

Ceux qui me suivent régulièrement savent que mon parcours scolaire, puis professionnel, ont fait de moi une férue de mythologie gréco-latin. Cela fait quelques mois maintenant que j’ai obtenu ma certification de Langue et Culture de l’Antiquité, après deux ans de travail, très agréables car ils m’ont permis de me replonger dans cet univers que j’adore.

Avec Madeline Miller, la mythologie n’est plus réservée aux initiés. Elle touche tous les lecteurs.

Si vous voulez redécouvrir mon avis sur Circé, vous pouvez cliquer sur la photo. Pour ceux qui s’en souviennent, je vous propose de passer directement à mon ressenti sur Le Chant d’Achille dont voici la quatrième de couverture :

Ce ne sont encore que des enfants : Patrocle est aussi chétif et maladroit qu’Achille est solaire, puissant, promis par sa déesse de mère à la gloire des immortels. En grandissant côte à côte, l’amitié surgit entre ces deux êtres si dissemblables. Indéfectible.
Quand, à l’appel du roi Agamemnon, les deux jeunes princes se joignent au siège de Troie, la sagesse de l’un et la colère de l’autre pourraient bien faire dévier le cours de la guerre… Au risque de faire mentir l’Olympe et ses oracles.

J’ai l’impression que la marque de fabrique de l’autrice, c’est de donner la parole à des personnages qui, pourtant, sont vraiment en arrière-plan des grandes histoires de la mythologie. Alors que Circé n’était qu’un obstacle supplémentaire sur la route qui reliait Ulysse à Pénélope, Patrocle, lui n’est que l’ami d’Achille, un ami dont la mort scellera l’issue de la Guerre de Troie.

C’est par cette cette voix secondaire, quasi inexistante dans l’Iliade, que sera portée dans Le Chant d’Achille toute l’histoire épico-romantico-tragique du héros grec.  Ce que j’aime avec Madeline Miller, c’est que s’ajoute à la vérité « historique » une dimension romanesque, une fiction qui comble uniquement les blancs laissés par Homère. Dans cette colère fougueuse qui conduira Achille à tuer Hector et à malmener son cadavre, de nombreux érudits ont cherché une explication amoureuse, à l’époque où l’homosexualité était finalement mieux acceptée qu’aujourd’hui. Cette possibilité est exploitée à fond et donne à Achille une dimension plus humaine que celle de demi-dieu, orgueilleux, fier et égoïste qu’il est dans l’Iliade.

En outre, l’autrice revient sur les débuts de ces deux individus si différents, la fougue et la sagesse, la bravoure et la prudence, la force et l’empathie. C’est passionnant de découvrir comment cette relation s’est construite, dans les yeux de Madeline Miller.

J’ai trouvé que ce texte rendait à Achille la dimension de personnage tragique que l’Iliade lui volait. Elle le rend plus humain tout en insistant sur sa nature plus qu’humaine. Achille n’est qu’un jouet dans les mains des dieux : ce sont eux qui ont poussé Pélée à violer Thétis, ce sont eux qui ont décidé qu’il serait le meilleur des Grecs, qu’il ferait basculer la Guerre de Troie, mais en contrepartie, Achille n’obtiendra que la gloire et la mort. On comprend mieux dès lors qu’Achille soit si pointilleux sur son honneur : après tout, il n’a plus que cela.

Les autres personnages sont très fidèles à ce qu’en disent les auteurs grecs : Agamemnon, cupide et fier, est celui qui fera perdre pied à Achille, et l’on se rend compte que ce n’est pas seulement dû à l’histoire de Briséis (on nous rappelle qu’il s’était déjà amusé à entacher son honneur lors de la sombre histoire du sacrifice de sa propre fille) ; Chiron, fascinant, énigmatique et paternel ; Thétis, froide, arrogante mais aimante ; Briséis à qui un vrai sort romanesque est offert ; mais aussi Pélée, Ménélas, Pyrrhos (que je trouve parfaitement détestable !) et tous les autres.

Bref, encore une fois, j’ai adoré ce voyage dans le temps, alors que j’avais si peu accroché avec l’Iliade originelle. J’ai hâte de découvrir le prochain univers de Madeline Miller… Et prochain roman touchant à la mythologie prévu ? Le Silence des vaincues

Et vous, vous connaissez ? Vous aimez ??

Priscilla

9 commentaires

    1. Je comprends. Cette fusion, ces sacrifices de chaque instant et qui ne sont même pas vécus comme des sacrifices, simplement comme des évidences. Ça m’a beaucoup touchée aussi.

      Aimé par 1 personne

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