Au pays des Eucalyptus d’Elizabeth Haran

Avec ce roman d’Elizabeth Haran, je retrouve ce qui m’a séduit avec les Editions de l’archipel : l’évasion, la destinée d’une femme qui s’émancipe, l’amour et l’aventure. Le contrat est parfaitement rempli !

Voici la quatrième de couverture :

Nola Grayson est une jeune préceptrice en avance sur son temps. Mais, en 1910, la bonne société́ londonienne ne veut pas d’une enseignante aux méthodes pédagogiques jugées subversives. Ne prône-t-elle pas, entre autres, l’émancipation de la femme ?

Aussi, quand Nola se voit proposer un poste à des milliers de kilomètres de chez elle, en Australie, décide-t-elle de tenter l’aventure. Pleine d’optimisme.

Mais, une fois arrivée sur l’île continent, elle déchante. Les habitants de cette partie reculée du bush attendaient un instituteur. Quelle n’est donc pas leur surprise de voir débarquer une femme… Nola parviendra-t-elle à s’imposer dans cette terre dure et inhospitalière ? Et à trouver le bonheur ?

Nola m’a séduite dès les premières pages : la narration de ses frasques chez ses anciens employeurs m’a enchantée. On devine tout de suite la jeune femme téméraire et audacieuse qui s’accomplira sur les lointaines terres australiennes. Elle est d’une grande honnêteté, d’un tempérament de feu et sa soif d’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas un simple prétexte, c’est ce qui la définit, ce qui fait son charme, autant que sa fougue !

Les autres personnages sont très riches également. J’ai été fascinée par le vieux Langford, détestable d’abord, que l’on croit complètement sénile, ou simplement fou ensuite, mais qui se révèle face au danger. Galen a lui aussi une part de mystère : on devine bien vite que c’est pour lui que le cœur de Nola va battre, mais ce n’est pas ce qui fait le cœur de l’intrigue. Le personnel féminin est haut en couleurs, comparativement au petit nombre de personnages que cela englobe : il y a la volubile, l’autoritaire noble traditionnelle, l’enthousiaste et fiable amie… Un vrai tableau vivant.

L’on sent très vite que dans ce bush australien, alors que tout le monde tente de persuader Nola qu’elle n’a rien à y faire, vivent des individus qui s’adaptent parce que l’isolement et la solitude sont une nécessité. De secrets en traumatismes, chaque individu qui vit là-bas est d’abord aussi aride que le climat pour, peu à peu, redevenir chatoyant et accueillant.

Les descriptions sont d’ailleurs très belles. J’ai frissonné à l’approche des serpents, sursauté lors de l’invasion de punaises, frémi devant les carcasses de bêtes déshydratées. Les conditions de vie désastreuses de tous ces gens passionnés par leurs élevages mais anéantis par les sécheresses sont décrites avec beaucoup de précision et de réalisme. Les scènes de tempêtes de vent, de poussière rouge qui pénètre les bouches et les nez sont très fortes.

J’ai également beaucoup aimé les liens de Nola avec les Aborigènes, ces autochtones à la culture et à la langue différentes mais traités avec beaucoup d’humanité. On devine entre Nola et les femmes qu’elle aide une complicité et un grand respect. On sent, dans ce roman, que l’autrice maîtrise à la perfection les éléments qu’elle met en scène avec brio. C’est un récit dans lequel les personnages principaux jugent finalement peu leurs compagnons de vie, et ça fait du bien.

En outre, on ne s’ennuie pas une minute : Nola doit apprendre à composer avec la rudesse de ses employeurs, avec la naïveté des enfants, et notamment Shannon, terriblement attachante, avec la sécheresse de son nouvel environnement, mais aussi avec toutes les missions qu’elles se voit confiées ou qu’elle se confie : la cuisine, l’éducation, la médecine, le soin à la personne, la recherche de sources, le convoyage d’animaux, l’usage d’armes à feu, l’organisation d’un bal, la lourdeur d’un secret dont elle ne sait quoi faire et les sentiments (ceux qu’elle ressent, ceux qu’elle fait naître). C’est joliment écrit, décrit avec un rythme très enlevé qui transporte le lecteur dès les premières pages.

En bref, cette escapade littéraire en Australie m’a beaucoup plu ! Le roman est sorti hier en librairie, si vous avez soif d’évasion, n’hésitez pas !

Priscilla

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