Love me tender de Constance Debré

Avoir un enfant, c’est Aimer, d’une force que l’on peine à concevoir avant de le ressentir. Aimer, c’est donner beaucoup de soi. Laisser partir cet amour, c’est laisser partir une part de soi, de son âme.

Voici la quatrième de couverture du roman de Constance Debré :

« Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes, de l’amour.»

Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l’identité se pose la question de l’autre et de l’amour sous toutes ses formes, de l’amour maternel aux variations amoureuses.
Faut-il, pour être libre, accueillir tout ce qui nous arrive ? Faut-il tout embrasser, jusqu’à nos propres défaites ? Peut-on renverser le chagrin ?

Dans Love me tender, Constance Debré dresse de l’amour maternel un portrait touchant, aussi bien que violent. Mariée pendant vingt ans à Laurent, maman du petit Paul, Constance se rend compte qu’elle doit prendre sa vie à rebours, parce qu’elle préfère les femmes. Aujourd’hui, on pourrait croire que c’est un cheminement accepté par tous, que les préjugés moraux sont dépassés, mais son expérience prouve qu’il n’en est rien.

L’homme malheureux n’est pas triste à cause d’une simple rupture. Il y a l’orgueil aussi qui en prend un coup. Sa propre femme qui aime les femmes, la seule chose qu’il ne peut lui donner. Alors la tentation est grande de se venger, en lui prenant ce qu’elle a de plus cher : non seulement son fils, mais l’amour de son fils.

Constance vit à moitié. Alors qu’elle rajeunit, qu’elle redécouvre la séduction, la liberté, elle est handicapée de l’amour de son fils, que son père retourne contre elle et qui est trop jeune pour faire la part des choses.

Pour retrouver son intégrité et sa juste place, la narratrice met en branle la machine judiciaire, et toutes ses désillusions. D’espoirs en désenchantements, de retrouvailles en rejets, d’oublis en omniprésences, la relation qu’elle essaie d’entretenir avec son fils se définit dès lors par la douleur.

Alors, comme face à toute souffrance, Constance se protège. Mais sous une apparence d’insouciance et de vie dissolue, on sent la faille, ce besoin d’oublier, d’éteindre ce qui fait notre cœur. Oui, quoi qu’elle en dise, elle sait qu’elle se définit par cet amour. Alors, elle prendra la décision ultime, celle du sacrifice, la meilleure des preuves d’amour. En renonçant, elle n’abandonne pas, elle libère. Elle libère trois personnes de leurs entraves et se sent plus légère, même si elle reste handicapée.

Ce roman m’a mise en colère, m’a révoltée et m’a beaucoup émue. Est-on capable de tout par Amour ? Même de renoncer à l’Amour ? Je ne suis pas sûre d’en être capable. Je suis scotchée par la violence de cette histoire, par la puissance de cet amour. Sur la couverture, les Editions J’ai lu précisent « Coup de Poing ! Une lecture dont vous ne sortirez pas indemne », je confirme !

Et vous, vous connaissez ce texte ?

Priscilla

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