Les Classiques de Priscilla – Persuasion de Jane Austen

Ma tradition de fin d’année (même si ça ne fait que trois ans que je l’ai instaurée), c’est de lire un roman de Jane Austen. Je ne sais pas pourquoi j’associe son style à cette période, peut-être parce que j’adore lire ses textes au chaud sous un plaid avec un bon thé… Cette année, j’ai eu le bonheur de découvrir Persuasion, dont voici la quatrième de couverture :

Depuis quand une jeune fille a-t-elle besoin qu’on lui dicte sa conduite ? Si elle s’est laissé persuader trop jeune de rompre ses fiançailles, Anne Eliott n’est plus dupe. Et lorsque son ancien amant réapparaît, auréolé de gloire, l’heure n’est pas à l’indécision. Pour Anne, il est temps de faire fi des convenances et de la vanité de son entourage.

Alors, oui, Jane Austen, on connaît les grandes lignes de la recette : XIXe siècle, Angleterre, jeune(s) fille(s) en âge de se marier, jeune(s) homme(s) plus ou moins recommandable(s), histoire de familles plus ou moins désargentées, amour, trahison, secrets. Mais ça fonctionne !

Alors que la famille Eliott doit louer le domicile familial, Anne reste auprès de Mary qui se dit malade. Les locataires sont Mr. et Mrs Croft. La femme est la sœur de l’ancien amour d’Anne, dont elle a refusé la demande en mariage, sous la pression de sa famille, parce qu’il n’était pas assez riche. La crainte se mêle à l’espoir de le revoir, mais elle ne s’imagine pas à quel point il va envahir son quotidien. Que sont-ils l’un pour l’autre ? Des amants ? Des amis ? Des aversions ? On sent tous les mouvements de cœur de la jeune fille qui ne sait plus à quel saint se vouer, d’autant qu’entrent en scène un cousin, qui serait l’héritier idéal, mais dont on ne sait rien, deux jeunes filles en âge de se marier elles aussi et la vanité injustifiée de son père. Il faudra passer par bien des malentendus, des secrets et des révélations pour retrouver la voie du cœur. Mais qu’est-ce que c’est beau !

J’ai adoré l’histoire entre Anne et Wentworth, un amour qui flotte sans trop savoir où amarrer, entre espoir, résignation, souvenirs, impossibilité, obstacles. Anne est une jeune fille serviable, belle, intelligente, cultivée et foncièrement gentille, autant de qualités que sa famille, notamment son père et sa sœur aînée ne voient pas. Elle n’a ni le privilège d’être l’aînée, ni celui d’être la première à être mariée, elle est donc inexistante ! Sauf pour Lady Russell qui joue, de loin, le rôle de la mère et qui apprécie l’héroïne à sa juste valeur. Wentworth est un jeune homme beau, à la carrière brillante et au tempérament de feu qui n’hésite pas à tout mettre en œuvre pour torturer celle qui lui a brisé le cœur huit ans plus tôt mais assume les conséquences de ses actes.

Autour d’eux gravite un essaim de personnages qui fait le sel du roman. Mary, l’autre sœur d’Anne, égocentrique, capricieuse et délicieusement toujours à côté de la plaque ; les sœurs Musgrove, Louise et Henriette, dont la superficialité et les babillages ne retranchent rien à leur bonté naturelle. J’ai également trouvé que les hommes, dans ce roman, étaient plutôt de belles personnes, qu’il s’agisse de Charles, le beau-frère, qui tente de préserver sa femme mais n’en devient pas aveugle pour autant, du capitaine Harville et de sa bonhomie, de Benwick et sa tristesse poétique.

Les seuls personnages négatifs sont le père d’Anne, Sir Walter Eliott, sa grande sœur Elizabeth et son « amie », Mrs Clay, ainsi que le cousin, qui réapparaît tel un fils prodigue, M. Eliott. Ces personnages font l’objet de toute l’ironie et du talent de satiriste de Jane Austen, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs. Franchement, j’ai ri ! La peinture de ces individus superficiels, intéressés, sots et méchants est tout simplement divine. Je vous partage simplement la présentation du père, parce qu’elle donne le ton :

« La vanité était le commencement et la fin du caractère de Sir Walter Eliott ; vanité de sa personne et de sa situation. Il avait été remarquablement beau dans sa jeunesse ; et, à cinquante-quatre ans, il était encore un très bel homme. Peu de femmes pouvaient, plus que lui, se soucier de leur apparence personnelle et le valet d’un nouveau lord ne pouvait être plus ravi que lui de la place qu’il occupait dans la société. A son avis, le bonheur d’être beau ne le cédait qu’au bonheur d’être baronnet ; et le Sir Walter Eliott, qui unissait en lui ces dons, était l’objet constant de son propre respect et de sa dévotion les plus chaleureux. »

C’est donc une tradition qui ne me déçoit pas, ce roman a été un véritable coup de cœur ! Quoi de mieux pour terminer une année en beauté ? Et vous, vous connaissez ? Avez-vous des titres à me conseiller pour l’année prochaine ? J’ai déjà découvert Orgueil et Préjugés et Raison et Sentiments

Priscilla

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