Throwback Thursday Livresque n° 70 – Sur les bancs de l’école

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème du 03 septembre 2020 : Sur les bancs de l’école

Suis-je avantagée pour traiter ce thème en tant que professeure de français ? Sûrement ! Est-ce que je l’assume ? Pleinement !

Aujourd’hui, au lieu de vous parler d’un de mes vieux souvenirs (pas toujours clairs il faut bien l’avouer) d’écolière, je vais vous parler d’une œuvre que j’adore faire étudier à mes élèves de 3ème.

Pourquoi cette pièce ? Premièrement, parce qu’elle évoque l’Antiquité, la mythologie et l’une des plus pathétiques familles de la littérature, les Labdacides. J’adore raconter à mes élèves (qui sont très souvent fascinés) l’histoire de ce jeune homme, destiné à tuer son père et épouser sa mère, qui quitte ses parents pour ne pas prendre de risque (!!) sans savoir qu’il a été adopté. Il tue évidemment son père et épouse sa mère, lui fait quatre enfants, avant de découvrir la vérité et de s’arracher les yeux, laissant ses deux fils s’entretuer pour obtenir le pouvoir. C’est alors qu’Antigone apparaît, demandant simplement à ce que ses deux frères soient enterrés dignement et de la même manière, se condamnant ainsi à mort, en défiant son oncle, le roi Créon, qui va perdre, dans la foulée, sa nièce donc, son fils (qui devait épouser Antigone et se suicide à sa mort) et sa femme (qui se suicide aussi à la mort de son fils). Ne vous en faites pas, il n’y a pas de spoil.

C’est la deuxième raison qui me fait adorer cette pièce. Elle donne aux élèves toutes les clés pour comprendre la tragédie. Tout est dit dans le prologue (et quel prologue, je ne vous dis que ça !) et il n’y a aucune échappatoire pour tous les personnages. Il s’agit juste de les voir aux prises avec une fatalité contre laquelle ils ne peuvent rien.

La troisième raison, c’est l’écriture. Dans cette version d’Anouilh, le personnage d’Antigone est celui de la révolte, du refus du compromis, de l’emportement. Mais celui de Créon n’est pas celui du tyran. Les arguments du vieil homme sont justes, ses craintes sincères, ses tentatives pour sauver Antigone nombreuses. On ne juge pas les personnages dans cette pièce, on les accompagne. Et c’est beau, vraiment !

Vous connaissez cette pièce ? Vous aussi, vous l’avez étudiée à l’école ? Dites-moi tout !

Priscilla

11 commentaires

  1. J’avais tellement aimé cette pièce que c’est encore un de mes livres préférés alors que j’étais globalement fâchée avec les tragédies.
    L’absolu des valeurs d’Antigone et le refus du compromis sur ce qui compte m’avait vraiment marquée. L’adolescente que j’étais s’y est totalement identifiée!

    Aimé par 1 personne

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