Fugitive parce que reine de Violaine Huisman

« Juste cette fois, je voulais qu’il reprenne sa place auprès d’elle, juste une dernière fois qu’il redevienne le roi auprès de notre reine. Mais sa reine lui avait échappé depuis longtemps déjà. Et la fugitive ne reviendrait pas »

Fugitive parce que reine, c’est un chant et un cri. Un chant d’amour à la mère et un cri de la femme à la face du monde. Divisé en trois parties, ce roman nous raconte l’histoire d’une vie en décalage, celle de Catherine, et par éclaboussures celles de Violaine, Elsa et Antoine.

Dans la première partie, on assiste à la chute de cette mère vacillante, funambule depuis des années, qui perd l’équilibre, puis le retrouve dans l’amour qu’elle ressent pour ses filles. Cette partie fait alterner par flashs des scènes d’un amour sans limites et d’autres d’une extrême violence. C’est la vie de Violaine et Elsa, c’est le comportement de leur mère. C’est un méli-mélo de colère, d’adoration, de tempêtes et de câlins.

« Elle était sublime, elle était divine. Pauvre maman, elle pouvait tourner comme une toupie sur les phalanges de ses orteils sans jamais perdre l’équilibre mais elle ne pouvait pas mettre un pied devant l’autre sans se vautrer en permanence à la valse du quotidien »

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Dans la seconde partie, on revient sur la vie de Catherine, retracée de manière chronologique. On découvre ses fêlures, ses forces et ses faiblesses. Catherine vit le rejet, l’amour sous toutes ses formes, le désir, la tromperie, le viol, l’ambition, le désespoir. Sa vie est un déferlement d’émotions violentes qui la poussent vers les cimes ou l’écrasent, tout en bas.

Si cette partie est nécessaire et bien écrite, elle m’a dérangée parce qu’elle met à nu des pans de la vie d’une mère, qu’une fille de devrait pas connaître. Mais cette gêne est aussi l’une des conséquences de la brisure de cette femme, de cette famille. Les repères sont brouillés, les rôles sont inversés. L’autrice raconte ce cheminement comme étant celui d’un personnage, presque fictionnel. On ne sent pas l’émotion, on comprend juste les faits, et au vu des deux autres parties qui encadrent celle-ci, on sent bien que c’est volontaire.

Dans la dernière partie, la mère est morte et les filles doivent composer avec cette absence qu’elles pressentaient mais refusent d’admettre. Ici se lisent la douleur, la solitude, mais jamais la colère. Cette fin respire l’amour, le pardon et le respect de la force de cette femme, que tout le monde considérait comme folle, mais que ses filles voyaient comme une héroïne.

« La vérité d’une vie n’est jamais que la fiction au gré de laquelle on la construit. »

C’est donc une lecture qui m’a touchée, toutefois moins que ce à quoi je m’attendais. Mais cela confère à l’ensemble une dimension moins pathétique, moins larmoyante, qui rend hommage autant à la peine de Violaine et de sa sœur qu’à la force et à l’énergie de leur touchante maman.

Priscilla

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