L’Eté des quatre rois de Camille Pascal

Vous commencez à le savoir, j’aime beaucoup les romans historiques. Aussi ai-je été immédiatement attirée par L’Eté des quatre rois de Camille Pascal quand je l’ai vu sur les tables de ma librairie préférée. Mais attention, ici, il ne s’agit pas d’un roman historique…

Voici la quatrième de couverture :

Juillet 1830. Le peuple est dans la rue et l’Histoire se répète. Les Parisiens veulent du pain et la Révolution. Depuis Saint-Cloud, Charles X s’accroche à une couronne qu’il croit tenir de Dieu. On muselle la presse ? Celle-ci se déchaîne. On envoie l’armée ? Les émeutiers redoublent d’ardeur. Abdiquer ? Mais pour qui ? Talleyrand louvoie, Chateaubriand déçoit, Stendhal court le guilledou. Personne n’y comprend rien. En quelques jours d’un été caniculaire – l’hiver des Bourbons –, quatre rois vont se succéder, jusqu’au prochain printemps…
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C’est un texte extrêmement bien écrit, face auquel je ne me suis pas ennuyée une seconde. Son auteur a une connaissance très fine et précise de tous les événements historiques de cette période. Franchement, on s’y croirait, tant dans les couloirs surpeuplés du Palais-Royal que dans les antichambres capitonnées de Saint-Cloud. Les pensées de Charles X, de Thiers, de la dauphine, du duc d’Angoulême et de Marmont nous sont offertes et nous emportent facilement.

Le rythme choisi pour la narration est excellent. Les premières journées sont riches de petits événements, d’un côté comme de l’autre et l’on n’imagine plus aujourd’hui toutes les décisions impulsées par le choix d’un mot, d’une phrase dans une période aussi trouble. La suite, à partir du couronnement (si tant est que l’on puisse appeler cela un couronnement), est bien plus rapide : il n’y a plus qu’une chose à faire : faire fuir la famille royale.

On entre dans les méandres d’une monarchie qui se croit de droit divin quand le peuple lui-même doute de son droit « humain ». L’aveuglement de Charles X, l’inadaptation du Dauphin, la rouerie de Louis-Philippe, les angoisses des princesses-mères, les traumatismes des princesses-descendantes de Louis XVI, toute cette mécanique de la monarchie qui veut conserver son prestige, même dans la débâcle, c’est véritablement passionnant.

Pour autant, il m’a manqué, à la lecture de ce texte exigeant, une attache romanesque. J’aurais voulu m’attacher à un personnage, plus qu’à un autre. J’aurais aimé m’inquiéter du sort de tel ou tel individu, réel ou fictif. Car finalement, ce que l’on suit, ici, c’est le destin de la France.

J’ai trouvé ce texte intéressant et intelligent, finement écrit mais il m’a manqué ce petit détail qui m’empêche de poser un livre quand je suis entrée dedans. C’est pour moi un texte historique, mais pas romanesque, destiné à un public averti et plus ou moins connaisseur car il y fourmille tant de données que je ne suis pas certaine de les avoir toutes retenues. En bref, ce n’est pas une déception du tout, une surprise plutôt, mais qui n’est pas pleinement positive et heureuse.

Priscilla

6 commentaires

  1. Il est dans ma wishlist depuis un petit moment, surtout depuis qu’il est sorti en poche, j’aime de plus en plus les livres historiques! De plus, il s’est passé tellement de choses dans ce 19ème siècle qu’il en est passionnant!

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