La vie est facile, ne t’inquiète pas d’Agnès Martin-Lugand

La suite des Gens heureux lisent et boivent du café (dont vous trouverez ma chronique ici) est tout aussi prenante que le roman initial. On y retrouve Diane après son séjour en Irlande, une jeune femme bien déterminée à reprendre sa vie en main, malgré l’échec de son histoire avec Edward. Elle a repris les rênes de son café littéraire, a retrouvé sa relation privilégiée avec son meilleur ami gay Félix et est même décidée à rencontrer quelqu’un.

En effet, Diane a enfin accepté la disparition de son époux et elle se sent prête à être heureuse en amour. Elle a compris que retrouver un homme ne signifiait pas oublier Colin ou même le remplacer. C’est donc dans un état d’esprit plutôt positif qu’elle fait la rencontre d’Olivier, un homme stable, gentil et attentionné, apaisant (le mot revient plusieurs fois). Elle hésite à s’ouvrir et, devant la patience et l’affection de cet homme, elle se laisse porter et tombe amoureuse. Du moins en a-t-elle l’impression. Car, effectivement, jamais l’apaisement ne donne naissance à la passion. C’est souvent une étape nécessaire, une phase de transition, pendant laquelle on apprend à refaire confiance à un autre, à aimer à nouveau, à s’aimer à nouveau. Mais, définitivement, le calme et la douceur ne sont pas les premiers ingrédients de l’amour. Cela ne fait pas le poids face à un feu dévorant…

Et Diane le ressent immédiatement quand elle rencontre Edward par hasard. Dès lors, une lutte interne commence, entre le cœur et la tête, entre le passé, le présent et l’avenir, entre Paris et Mulranny, entre Olivier, Edward ou un autre. Pour s’enraciner quelque part, il faut déjà se déraciner et pour déraciner, il faut être certain de prendre toutes les ramifications de toutes les racines. C’est sûrement le plus délicat ! Mais je m’arrêterai là pour cet aspect du roman.

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Il en est un autre, tout aussi humain et encore plus touchant. Si Diane parvient à avancer avec le souvenir de Colin, elle ne parvient pas à se détacher de sa culpabilité vis-à-vis de sa petite Clara, qu’elle n’a pas protégée de l’accident, qu’elle n’a pas pu aller voir à l’hôpital. Diane ne supporte plus de s’approcher d’un enfant, qu’il s’agisse d’un bébé ou d’un plus proche de l’âge de sa fille. Elle est fermement décidée à ne jamais avoir d’autre enfant, mais plus encore, elle a du mal à les fréquenter. Pourquoi ? Parce que chaque seconde passée au contact d’un enfant rappelle à son cœur de Maman qu’elle ne la passe pas auprès de Clara. Diane avance néanmoins, en se gardant de ressentir les affres de cette souffrance le plus possible, mais il faudra, pour qu’elle se rende compte qu’elle restera toujours la mère de Clara, bien du temps, bien des épreuves et un enfant, Declan.

Encore une fois, j’ai dévoré ce roman en quelques heures. Agnès Martin-Lugand a le don de rendre ses personnages attachants, ses histoires passionnantes. C’est à la fois simple et riche (amour, maladie, famille, mort, détachement des parents, attachement à l’enfant, retrouvailles, perte, deuil, douleur, reconstruction), écrit dans un style fluide qui fait que l’on se sent très proche de Diane. J’ai donc passé un deuxième excellent moment grâce à cette autrice. Et vous, connaissez-vous cette suite ? L’avez-vous aimée ?

Priscilla

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