La servante écarlate de Margaret Atwood

Voici, comme beaucoup d’entre nous, un moment que ce roman s’imposait à mon regard lors de mes balades en librairie (comme cela me manque d’ailleurs!). Cette période si particulière que nous vivons, était l’occasion idéale pour le découvrir. Equipée de ma toute nouvelle liseuse, me voici au coeur de cette dystopie écrite en 1987, à une époque où je ne savais même pas ce qu’était une dystopie.

Nous sommes ici sur un abord différent du monde post-apocalyptique tel qu’il est habituellement traité, Margaret Atwood s’attaque à un fait sociétal et je dois dire que cette histoire, qui fait froid dans le dos, est absolument passionnante. Écrite du point de vue d’une jeune mère devenue servante dans un monde où la femme n’est guère plus qu’un objet, un ventre, nous découvrons à travers ses souvenirs ce qu’est devenue la société dans laquelle elle vit. Froide, brutale, cette narration semble dénuée de sentiments, d’émotions, nous découvrons pourtant au fil du livre que cette distance lui est nécessaire afin de ne pas perdre l’esprit. On lui a tout pris, à elle mais aussi aux autres, voici le résumé du livre:

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Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

Nous sommes tout au long de cette lecture dans la tête de celle qui est devenue Deferd, nom donné par la nouvelle république, nous avançons dans la compréhension et le déroulé des événements à coups de souvenirs et d’émotions qui refont surface, mais que Deferd doit vite renvoyer au fond de son esprit afin de tenir et de subir ce qu’on attend d’elle: concevoir un enfant pour le commandant et son épouse. Un rythme qui n’est pas toujours régulier dans l’intensité, mais dont l’ensemble est de grande qualité. Sans fioritures, Margaret Atwood nous met devant les yeux un terrible condensé de ce que certaines femmes vivent à travers le monde et les époques. Affleurent donc à notre esprit des visions de sectes, de groupes religieux, de traditions d’un autre temps et l’auteur nous y plonge avec un réalisme terrible.

Une lecture dont je ne doutais pas de la qualité de narration, mais mon inquiétude se portait plus sur l’intérêt que j’allais y trouver, c’est au final un roman avec lequel j’ai passé un excellent moment et que je vous conseille grandement. J’ai d’ors et déjà rajouté à ma pile à lire la suite de ce roman dénommé Les testaments et je vais à présent pouvoir regarder la série qui en est tirée.

Mag

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