Déjeuner en Paix de Charlotte Gabris

Quand Déjeuner en paix devient une victoire de la vie.

Voici la quatrième de couverture :

Paris, une terrasse de café ensoleillée. C’est l’heure du déjeuner, les gens font la queue. Les salades sont immangeables, une tasse de thé coûte huit euros, le personnel est abject. Mais les gens font la queue.

Une jeune provinciale est attablée, seule. À ses côtés, une Parisienne attend son amoureux qui tarde à la rejoindre.

Deux femmes qui n’ont a priori rien en commun. Si ce n’est que l’une et l’autre se regardent, se jaugent, se moquent.

Peut-on parler fort, ne jamais sourire, et porter un panier en osier avec autant d’assurance et d’aplomb ? se demande la première.

Peut-on boire un verre de vin en trinquant… avec soi-même, et sembler heureuse malgré tout ? se demande la seconde.

Mais sont-elles si différentes ? Et qui sont-elles pour se juger si durement ?

Charlotte Gabris s’amuse ici de la rivalité féminine avec malice.

Et si nous essayions, nous aussi, de déjeuner en paix ?

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Le roman de Charlotte Gabris a été pour moi un véritable coup de cœur pour plusieurs raisons. Dans sa plus grande partie, c’est un texte que j’ai trouvé absolument jubilatoire. Il n’y a pas pire juge pour une femme qu’une autre femme. On l’a toutes fait, par jalousie, par comparaison, par complexe : juger une fille à la façon dont elle est habillée, dont elle tient sa clope, à ce qu’elle mange… Pourquoi s’obstine-t-on à être pestes entre nous ? Je ne sais pas, mais ici, cela prête à sourire, autant qu’à réfléchir. Chacune des héroïnes essaie de deviner des fragments de la vie de l’autre, et comme l’on passe sans cesse de l’une à l’autre, nous, lecteurs, savons à quel point elles se trompent.

Ce point de comparaison permet à chacune de livrer de petites vérités sur sa propre vie, et les deux femmes prennent alors une vraie consistance. On découvre leurs forces, leurs peurs, leurs espoirs, leurs faiblesses, leur passé et on s’attache à elles deux pour des raisons toutes différentes.

Leurs rapports avec le serveur, avec la petite fille bruyante et sa mère, avec la table des hommes pas loin nous mettent sous les yeux la multiplicité des réactions envisageables et des significations qu’elles prennent.

C’est un texte qui se lit vite. Il a le double mérite d’être très bien écrit et de respecter en même temps les codes de l’oralité et du monologue de pensée, ce qui permet des décrochages langagiers qui rendent l’ensemble très réaliste. Quant à la construction du récit dans sa globalité, elle est époustouflante. On ne comprend tout qu’à la fin, et c’est là que l’autrice fait très fort. Après avoir passé 150 pages à sourire, c’est l’émotion qui nous étreint dans les 15 dernières, une émotion vraie, profondément humaine et qui secoue toutes les femmes que nous sommes, toutes celles que nous avons été, toutes celles que nous serons.

Je vous invite vraiment à découvrir ce roman paru aux éditions du Cherche Midi : on y trouve tout ! J’ai été transportée du début à la fin, avec un plaisir plus qu’immense…

Priscilla

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