Les Piliers de la Terre de Ken Follett

Que c’est agréable de se plonger dans un pavé qui vous happe complètement pendant plusieurs semaines. Les Piliers de la Terre de Ken Follett m’a été conseillé et offert par Mag, et je dois dire que j’ai bien fait de me laisser convaincre. Quel voyage mes amis…

Ce roman est une vraie fresque humaine, historique, artistique qui m’a subjuguée. Comment maintenant vous parler de cette somme de mots de manière efficace et en lui rendant justice ?

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On le sait maintenant, l’érection d’une cathédrale prenait des dizaines et des dizaines d’années, et finalement, à travers les destins de Tom, Ellen, Aliena, Richard, Jack, Martha, Philip, Waleran et William, c’est l’histoire de la cathédrale de Kingsbridge que nous suivons. Sans que cela ne soit jamais ennuyeux, l’auteur nous invite à découvrir les rouages de ce chantier monumental, des fondations qui doivent absolument passer l’hiver à la création des vitraux qui se devaient d’être fascinants. J’ai vraiment trouvé passionnante cette histoire d’amour à l’architecture, au-delà même du religieux pour certains des personnages : la lutte pour la pierre, pour le bois, les systèmes d’échafaudages, la découverte des principes géométriques…

Evidemment, au-delà de cette intrigue principale se greffe le romanesque, le vrai, celui qui fait qu’on adore se plonger dans un univers.

Une fois n’est pas coutume, j’évoquerais d’abord les méchants. Parce que franchement… Ils sont abominables. Au nombre de quatre (principaux), ces hommes sont écœurants d’ambition, d’inhumanité, de barbarie. Waleran, l’évêque le plus fourbe et manipulateur de l’Angleterre ; Remigius le jaloux, le traître ; Alfred, jaloux lui aussi et si peu compétent qu’il se réfugie toujours dans la facilité et la brutalité et William… Alors lui, je suis admirative, il faut du génie pour créer un personnage si détestable. William n’a rien pour lui. Si on peut avoir un peu de peine pour l’amoureux éconduit du début du roman, cela ne dure pas bien longtemps. A sa jalousie, sa brutalité, sa cruauté, sa soif de vengeance s’ajoutent une profonde bêtise et une incapacité à voir loin. Waleran et Remigius parviennent in extremis à regagner un barreau dans l’échelle de notre estime, William n’y parvient même pas. Franchement c’est un personnage qui donne la nausée, à chaque fois qu’il apparaît, et il apparaît souvent !

Heureusement, à côté de ces monstres, évoluent des personnages fascinants. Les femmes d’abord, Ellen et Aliena, sont fortes, indépendantes, malmenées par la vie mais victorieuses finalement dans ce monde d’hommes, de guerres, de Dieu. Ellen est hypnotisante, amoureuse éperdue, sorcière efficace, mère avant tout, juste toujours, antéchrist amusante, ennemie redoutable. Aliena est mère dès sa jeunesse, elle protège son frère, elle honore son père, elle s’oublie, souvent, trop ! Victime de son charme, de sa loyauté, de ses principes, elle finit toujours par triompher, et dès qu’elle tombe, elle remonte, laissant des plumes au passage.

Côté masculin, j’avoue avoir été particulièrement sensible à Philip, le prieur de Kingsbridge. Un homme droit, juste, ambitieux, profondément habité par sa foi, dans le meilleur sens du terme, c’est-à-dire assoiffé de justice, d’amour, de paix et d’harmonie. Il n’est heureusement pas un saint et se montre très lucide quant à ses réelles motivations. Voir son évolution, c’est apprendre avec lui à se découvrir, à tenter de rester humble et combatif malgré les obstacles qu’il rencontre. Jack et Tom ont en commun deux passions : l’architecture et une femme, une seule. Ce sont des hommes droits qui, heureusement, croisent rapidement la femme qui les rendra passionnés, torturés et profondément humains.

Cette histoire mêle des considérations historiques très intéressantes sur les liens entre la couronne d’Angleterre et l’église, sur les guerres de succession avec une tonalité épique parfaitement maîtrisée. Les discussions politiques et stratégiques sont vraiment pleines d’intérêt et de suspens. Quant au destin des personnages, l’auteur sait rendre chaque épisode haletant. On est constamment dans l’impossibilité de fermer le livre sans savoir comment tel ou tel événement va influencer les projets d’Aliena, Jack ou Jonathan.

Vous l’aurez compris, j’ai passé un peu plus de deux semaines dans ces 1400 pages avec un plaisir non dissimulé. Et vous, connaissez-vous ce roman devenu un classique aujourd’hui ? L’avez-vous aimé ? Dites-moi tout…

Priscilla

2 commentaires

  1. Je me souviens avoir passé un bel été dans les Cévennes avec ce roman qui m’a beaucoup plu par l’écriture, les personnages, tout ce que l’on apprend sur l’édification des églises et cathédrales et j’y repense souvent quand j’en visite….. Oui un très beau roman 🙂

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