Des Etoiles dans les yeux de Nicolas Fraissinet

Aujourd’hui, je veux vous parler d’un livre que j’ai savouré lentement pour en apprécier l’histoire, la poésie et la musique. Il s’agit du roman de Nicolas Fraissinet, des Etoiles dans les yeux.

Voici la quatrième de couverture :

Je m’appelle Eliott. J’ai 25 ans. Je l’ai appris aujourd’hui. Je serai aveugle dans quinze jours.

Imaginez qu’il ne vous reste que quelques jours pour voir le monde et les personnes que vous aimez. Comment ne pas vous lancer, comme Eliott, à la recherche des seules images que l’on ne peut pas observer du bout des doigts ?

Recueillir les regards qui traduisent la profondeur de l’âme, quand les yeux s’emplissent d’étoiles.

Avant que l’obscurité ne vienne, Eliott découvre que sa quête effrénée lui ouvre les portes d’un monde nouveau, aussi bouleversant qu’inattendu.

Dans la première partie de ce roman très original, nous suivons Eliott lors de ses quinze derniers jours d’homme pleinement valide. Un chapitre par jour, un chapitre en musique, au rythme des rêves pleins de signes de ce jeune homme attachant. J’ai tellement aimé me fondre dans cette histoire au son de cette ambiance musicale toujours en accord avec l’histoire. Ce voyage initiatique à l’issue que l’on croirait dépourvue de surprise est un périple des sens : la vue est au cœur de l’intrigue bien sûr, les toucher est la principale perspective d’avenir du sculpteur que veut devenir Eliott, et l’ouïe, la sienne, la nôtre portent la sensibilité du personnage et des lecteurs aux nues. Les personnages sont profondément attachants : Eliott, d’abord, partagé entre la colère, la peur, le désespoir et la vitalité ; Camille et Robin, des amis extraordinaires dont l’amour, l’humour et l’espoir porteront Eliott jusqu’au bout ; la mère d’Eliott pudique et impliquée, son petit frère Hadrien, son père perdu pour d’autres raisons dans un autre monde et bien sûr. Nous avançons avec eux vers cette inexorable issue, difficile mais poétique, peuplée de papillons bleus, de regards fulgurants et d’amour, beaucoup… Jusqu’au jour J.

Et là, tout bascule, je ne peux vous dire comment. La narration change, la focalisation bascule, l’histoire prend une autre dimension. Une dimension toujours aussi humaine mais qui ne se limite pas à la problématique de la vue. Eliott doit apprendre à vivre dans un corps qui a changé et qui a bousculé sa façon de vivre, sa façon d’être. Nous rencontrons alors d’autres personnages, dont les plus marquants sont les jumelles Justine et Romane, ouragans d’énergie et tornades d’affection. La quête est différente mais les buts se rapprochent : trouver un sens à ce qui nous arrive, donner du corps à ce que nous sommes.

Enfin dans la troisième partie, toutes les pièces du puzzle s’assemblent dans un finale qui m’a vraiment émue.

Ce roman est un texte d’une poésie qui m’a embarquée dès les premières pages. Je vous en donne quelques exemples pour, à mon tour, vous inviter au voyage initiatique et humain que j’ai fait en compagnie de Nicolas Fraissinet.

« Je voudrais fuir, mais ton regard me maintient au sol. Le reste de tes mouvements disparaît en perte de connaissance. Qui es-Tü ? Voile noir sur ma terreur. Toutes lumières évanouies. »

« Camille, ma petite fée. La seule qui connaît la recette magique pour transformer un sanglot en éclat de rire. Semeuse de miel dans le sel de mes larmes. »

« J’observe en silence ce magnifique recueillement de l’un vers l’autre, sous les gouttes de soleil projetées en miroitements de cristal. […] Sans le savoir, cette vieille femme perdue dans son été-pluie d’or vient de m’offrir le plus beau regard de ces derniers jours. »

« Son regard est comme une flèche, un élan d’espoir tiré en plein ciel vers une histoire que lui seul peut voir. Qu’importe ce qui l’entoure, ou les erreurs d’ici-bas. Qu’importent ses mains cernées de cambouis. Il rêve avec une force brûlante. Un cavalier aux yeux d’enfant. Il nous parle avec des mots de presque adulte, mais ses yeux ont le langage de l’émerveillement. »

Priscilla

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