Du poison dans la tête de Jacques Saussey

Plongeon de haut vol, immersion totale, ravissement littéraire, voilà quelques unes des sensations ressenties à la découverte de la plume de Jacques Saussey. Car, oui, je l’avoue bien honteusement, Du poison dans la tête est le premier roman que je lis de l’auteur, mais pas le dernier, ça je peux vous le garantir! Car voici encore un bel exemple de ce qui me fait aimer la lecture, ces moments où presque plus rien d’autre ne compte, ces instants juste pour moi.

Commençons par parler de l’histoire en vous faisant découvrir la quatrième de couverture:

« Elle a incliné le cou, le visage déformé par les flocons épais qui se déposaient déjà sur le carreau. Elle a cherché son regard à travers le verre qui s’opacifiait de seconde en seconde, mais les lunettes noires l’ont empêchée de le trouver. Alors, elle s’est détournée vers le pont et elle a commencé à marcher en direction de la gare, son manteau ouvert claquant sur ses jambes face au vent glacial.
Dans la voiture, le son des feux de détresse rythmait sa progression comme le tic-tac d’une minuterie. Une femme qui arrivait en sens inverse s’est retournée sur elle. Elle a eu un temps d’arrêt, comme si elle doutait de ce qu’elle venait d’apercevoir.
Il a vu un panache de vapeur sortir de la bouche de l’inconnue. Elle s’est figée d’horreur au moment où Myriam a laissé tomber son manteau dans la neige et a enjambé le parapet. Elle s’est précipitée vers elle en hurlant, mais il était trop tard.
Après un dernier regard en direction de la voiture immobile, Myriam, entièrement nue, avait déjà sauté dans le fleuve. »

Tout démarre sur ce passage, tel que vous venez de le lire, l’intrigue est mise en place et je peux vous garantir que l’accroche est forte. De là démarre des histoires différentes mais toutes aussi difficiles pour les protagonistes, elles touchent pour certaines au passé, d’autres à la famille, ou encore à la faiblesse de l’âme humaine et à la volonté d’être aimé à tous prix. Pas besoin de nous abreuver de violence inutile, car Jacques Saussey s’attaque ici à nos âmes, à notre psychisme et à la volonté primaire de chacun de protéger les siens, quelques fois par la vengeance qu’elle soit judiciaire ou personnelle, mais chut! N’en disons pas trop.

J’ai donc fais la connaissance du commandant Magne, de sa compagne Lisa et de leur fils Oscar, dont les aventures ont débuté plus tôt, dans de précédents romans, il me faut de suite vous rassurer et vous confirmer que même sans connaître leurs précédentes histoires j’ai parfaitement suivi celle-ci, donc pas d’inquiétude Du poison dans la tête se lit individuellement. La vie de Magne n’est pas un long fleuve tranquille, on sent et on comprend d’ailleurs que cette famille en a vécu et leur existence ne semble pas sur le point de s’apaiser. Mais quelle est donc cette histoire de poison dans la tête? La violence faite aux femmes quelle qu’elle soit est inamissible et Jacques Saussey met à jour une nouvelle facette de la perfidie criminelle et je dois dire que c’est savamment orchestré avec un rythme régulier, des révélations qui arrivent à point et au bon rythme. Un véritable polar, un style pointu et précis qui rappelle vite au lecteur sa propre expérience, ses propres craintes, ses terreurs, les raisons de ses insomnies occasionnelles ou régulières, son passé qui le hante parfois. J’ai aimé, j’ai adoré, j’ai emmené ma lecture partout afin de grignoter des instants à tourner les pages et je suis certaine qu’il en sera de même pour vous!

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