Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie

Autobiographie, essai, conseils pour affronter le deuil… Il me semble très difficile maintenant que j’ai terminé de lire Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie de lui trouver un qualificatif propre. Je ne peux qu’affirmer deux choses : c’est de la littérature et c’est beau.

Le sujet n’est pas léger ou gai puisque l’auteure évoque le bouleversement qu’a été, dans sa vie, le suicide de son frère Alex. Le thème est poignant et m’a touchée pour différentes raisons. S’entremêlent dans les chapitres le récit de l’enfance, le compte à rebours jusqu’au jour de la catastrophe, la narration de l’après.

IMG_20190719_224552C’est criant de vérité et de sincérité. Il ne s’agit ni de trouver des coupables ni d’exprimer une rage mais plutôt de survivre, non pas en passant outre cette mort terrible, mais justement, et c’est là l’essentiel, en conjuguant avec cette mort terrible. Le « pourquoi » n’est pas le cœur des questionnements de cette sœur qui ressent cette perte comme celle d’une part de sa vie, les questions qui sont les leitmotivs du texte sont plutôt « où es-tu ? » et « comment faire sans toi ? ».

La narration des années heureuses et des périodes de déréliction de son frère permet de sentir, à l’instar de l’auteure, la dimension inévitable de l’acte en lui-même, mais plus encore, il permet de rejeter le tabou qui entoure généralement le suicide. Cet acte est en soi très ambigu : certains plaignent la victime, d’autres le voient coupable, certains mêmes qualifient cet acte de lâche ou d’égoïste. Avec Alex et Olivia, on se rend compte surtout de sa dimension malheureusement nécessaire. Le coup de force de l’auteure est de nous faire accepter l’idée que c’est mieux pour lui, parce que c’est ce qu’il a voulu, vraiment, profondément…

J’imagine la difficulté que c’est d’admettre que ce qui est arrivé était ce qu’il y avait de mieux pour l’être cher. Et ce n’est pas le seul élément touchant de ce récit. Olivia n’a de cesse, après la mort de son frère, de refuser l’image de l’homme triste, dépressif ; elle tient absolument à ce que survive de lui l’image solaire, fascinante, pas encore ternie par le spectre de la mort, du suicide. Tel un oiseau, l’âme de la personne qu’on aime et qui est partie flotte dans l’air, juste au-dessus de nous. Il nous incombe la tâche de ne pas en faire un fantôme, mais une force, une lueur d’espoir. Pour qu’elle reste là, près de nous, en nous. Je vous l’avoue, j’ai dû ravaler mes larmes à la fin du texte, lors de cet acte ultime de l’auteure qui ne m’a pas choquée, au contraire : je l’ai compris, du fond du cœur.

Bravo à Olivia de Lamberterie pour avoir su mettre de tels mots sur l’indicible et de permettre ainsi à tous ceux qui doivent affronter le deuil de trouver un écho dans ce très beau texte, bravo et merci donc, sincèrement !

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

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