Les 7 premiers jours d’Agathe Colombier Hochberg

500_F_58544280_9x3ltId7LhuN98PZgMGCkcbogxW4KvRKAlerte : immense coup de cœur !

Si l’intrigue de départ peut sembler mince, la manière dont l’histoire est menée est éblouissante de sincérité, de vérité et d’humanité.

Un couple, sept ans d’amour (ou de désamour) et un acte, pas vraiment réfléchi mais décisif, nécessaire même. Après un Week-end banal en famille, nos deux narrateurs doivent prendre le train pour rentrer à Paris : elle monte, lui non. Elle l’attend, fatiguée de sa lenteur, de son étourderie mais définitivement, il ne monte pas et là, tout bascule.

A partir de cet instant, nous suivons alternativement les points de vue de l’homme et de la femme pendant 7 jours. Nous vivons avec eux la douleur, le soulagement, les certitudes qui se construisent, qui s’effritent.

Je crois sincèrement que chaque couple qui a duré un minimum, qui a nécessairement vu les choses évoluer, la routine s’installer, que chacune des personnes qui ont, une fois, été quittées ou qui ont décidé de quitter quelqu’un se reconnaîtra dans cette peinture des sentiments. Ce n’est pas tant la rupture ou le suspens du « se remettront-ils ensemble ? » qui tiennent le lecteur en haleine, c’est la justesse de cette description de l’amour, du désamour, de l’après-rupture.

IMG_20190503_225216.jpgIl n’y a pas de coupable : l’auteure s’est parfaitement débrouillée avec ce problème évident. Elle le trompe, elle ne lui a pas encore avoué, il s’en doute et c’est lui qui part. Mais elle le dit très bien : est-elle coupable de s’ennuyer dans sa vie ? Est-elle coupable d’être tombée sous le charme d’un autre ? Forte de ses certitudes, de l’espoir d’un avenir avec un autre, Elle ne va pas immédiatement se rendre compte du vide qui peu à peu envahit son existence. Ce n’est qu’au fil des jours que vont revenir les souvenirs heureux, toutes ces raisons qui faisaient qu’elle était folle amoureuse, tous les signes qui annonçaient que le vent tournait, tout ce qui fait qu’elle n’est pas certaine, finalement, d’être heureuse sans Lui.

Pour Lui, le cheminement est un peu différent : la tristesse, la colère et la haine côtoient l’espoir, l’amour et la confiance, dans des montagnes russes que nous avons tous connues. Est-il plus malheureux ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que pour lui, la menace du vide est immédiate, il n’y a aucune échappatoire, rien derrière. Cela se voit dans la narration elle-même : le lecteur connaît très vite le prénom de Gabriel, puisque, dans son discours, Elle doit le différencier d’Antoine, l’amant ; on ne connaît jamais son prénom à Elle, Elle à qui Il dit « toi » tout le temps, parce qu’il n’y a toujours eu qu’Elle.

Je ne peux pas vous dire grand chose de plus, et j’ai l’impression de ne pas assez rendre hommage à ce roman qui m’a vraiment bouleversée. Des citations peut-être qui vous interpelleront, vous émouvront, comme je l’ai été…

« C’est peut-être à moi de t’appeler. Je ne sais pas quoi te dire. A part te demander si tu m’aimes encore. Mais quand on pose ce genre de questions, il est déjà trop tard… »

« Je n’en pouvais plus de dévaler cette pente. Elle était douce, presque imperceptible, mais on était parvenus au stade où il n’y avait plus rien à descendre. Pourtant, on aurait pu la remonter ensemble. Pourquoi tu ne m’as pas tendu la main ? Pourquoi avoir attendu qu’on touche le fond ? Tu n’avais qu’un mot à dire, mais tu as préféré continuer à descendre et c’est moi qui ai creusé ma tombe. »

« Tu dis que je suis la solution à tout. Que je suis ta faiblesse. Un amant passionné, un ami toujours à l’écoute, un avocat qui sait si bien te conseiller. Je suis invincible. Tu me dis que plus personne ne compte depuis que tu m’as rencontré, et je n’ose pas t’avouer que personne n’a compté avant toi. […] Mais tu n’es pas là et ça fait bien longtemps que tu ne m’écoutes plus. L’avocat est en colère, l’ami est déçu, l’amoureux malheureux. Quand on débarque dans la vie des gens comme tu l’as fait dans la mienne, on n’a pas le droit d’arrêter de les aimer. »

« Je peux m’habituer à ton absence, mais je ne sais pas si je pourrai un jour m’habituer à ton désamour. »

« J’ai tellement aimé être deux avec toi. Je pense à tous les grands moments de bonheur connus ensemble. Je ne sais pas si j’en vivrai d’une telle perfection. […] Mais pour la première fois, j’ai la certitude que le souvenir de ces jours de souffrance finira par s’estomper, j’oublierai ces nuits passées à me maudire, et je ne verrai plus que la chance que j’ai eue de connaître un grand amour. »

Bon, je m’arrête là, parce que ces phrases me font vraiment un effet fou et je pourrais vous en mettre encore des dizaines, mais il y a des questions de droits d’auteur aussi…

Lisez ce livre : si vous êtes malheureux en amour, vous vous sentirez soutenu ; si vous êtes heureux en amour, vous savourerez encore plus votre bonheur ; si vous êtes entre les deux, dans un état stationnaire, la nécessité de lire ce texte devient impérieuse, vraiment !

Merci aux éditions Belfond pour la découverte et merci, vraiment, à Agathe Colombier Hochberg qui, avec ses mots, m’a touchée comme je ne l’avais pas été depuis longtemps…

Priscilla (@priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

2 commentaires

  1. Je pense qu’on traverse tous à un moment ou à un autre une phase de doutes. Le tout est de savoir s’il est envisageable de passer au dessus, de panser les blessures. Mais est-ce que masquer une cicatrice veut dire guérir ? Rien n’est moins sûr…

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