Les mal-aimés de Jean-Christophe Tixier

J’ai été sélectionné lors d’un masse critique privilégiée sur Babelio. Me voici donc, certes très en retard à lire ce roman et cet auteur dont je ne connais rien du tout. Les mal- aimés est un roman extrêmement noir, il touche à l’enfance à une période, fin du 19ème siècle et début du 20ème, et dans un lieu où la noirceur de la campagne semble tout dévorer. L’auteur nous dépeint des personnages durs, sales, peu instruits pour la plupart, ils commettent des actes révoltants, des négligences qui laissent un goût âpre dans la bouche. La peur de la justice divine et de la présence du diable, des âmes vengeresses, les inquiètent davantage que la justice des hommes.

Naître sur ces terres à ce moment vous englue, vous empêche de quitter les lieux. Résignés, alcooliques, violents, tous les tableaux les plus noirs nous sont dressés ici et laissent bien après la fin de cette lecture une étrange sensation. On ne sait pas trop à quoi on vient d’assister, pour ma part je sais juste que je respire l’air frais à nouveau, je me sens moi-même comme si je venais de quitter ce bagne dont il est question tout au long du livre, en toile de fond.

Un roman fort, l’écriture de Jean-Christophe Tixier est belle, elle porte les émotions, qu’elles soient agréables ou non. Un livre qui marque, qui scotche et qui ne laisse, quoi qu’on en pense, pas indifférent.

Merci à Babelio ainsi qu’à Albin Michel pour cette découverte.

Résumé:

1884, aux confins des Cévennes. Une maison d’éducation surveillée ferme ses portes et des adolescents décharnés quittent le lieu sous le regard des paysans qui furent leurs geôliers.

Quand, dix-sept ans plus tard, sur cette terre reculée et oubliée de tous, une succession d’événements étranges se produit, chacun se met d’abord à soupçonner son voisin. On s’accuse mutuellement du troupeau de chèvres décimé par la maladie, des meules de foin en feu, des morts qui bientôt s’égrènent… Jusqu’à cette rumeur, qui se répand comme une traînée de poudre : « ce sont les enfants qui reviennent. » Comme si le bâtiment tant redouté continuait de hanter les mémoires.

Porté par une écriture hypnotique, le roman de Jean-Christophe Tixier, portrait implacable d’une communauté rongée par les non-dits, donne à voir plus qu’il ne raconte l’horreur des bagnes pour enfants qui furent autant de taches de honte dans l’Histoire du XXe siècle.

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